By Hanafi, MY; Dongho, JR; Atouga, JP (2023). Greener Journal of Social Sciences, 13(1): 77-86.
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Greener Journal of Social Sciences
Vol. 13(1), pp. 77-86, 2023
ISSN: 2276-7800
Copyright ©2023, Creative Commons Attribution 4.0 International.
https://gjournals.org/GJSC
Title in English
Title in French
1,2,3 Advanced School of Translators and Interpreters (ASTI) & the Pan African University Institute of Governance, Humanities and Social Studies (PAUGHSS) Cameroun.
Article No.: 111823138
Type: Research
Full Text: PDF, PHP, HTML, EPUB, MP3
Published: 30/11/2023
*Corresponding Author
Hanafi, Mohammed Yagoub
E-mail: hanafimohammed96@ gmail.com
Keywords: translation, translation effectiveness, teaching tool, intercultural skills, French as a Foreign Language classroom.
Mots clés : traduction, efficacité de la traduction, outil pédagogique, compétence interculturelle et classe de FLE.
This article aims to explore the effectiveness of translation as a teaching tool in acquiring intercultural skills in the French as a Foreign Language (FFL) classroom at the University of Khartoum. The study adopted a quantitative method to collect data. Two multiple-choice questionnaires were distributed to students and teachers of the University of Khartoum. The Findings of the analysis have highlighted the central role that translation plays in fostering intercultural skills in French classroom. Students acknowledged that translation enables them to grasp the cultural nuances associated with the French language, which then facilitates their immersion in the target culture that is francophone culture. On the other hand, teachers said they frequently make use of translation by adopting a balanced approach, incorporating culturally-rich texts alongside linguistically-focused ones. They unanimously agreed on the significant impact of translation on students’ cultural awareness and strongly recommended its increased integration within the French as a Foreign Language program. Furthermore, the cultural mediation theory was used to underpin the study. The latter enabled us to examine many relevant aspects, notably cultural awareness, cultural adaptation, intercultural thinking, intercultural communication, intercultural understanding as well as active learning. In conclusion, this study underscored the important role played by translation in strengthening the intercultural skills in French classroom at the University of Khartoum, which came in response to our research objective.
RESUME
Le présent article se donne pour objectif d’explorer l’efficacité de la traduction en tant qu’outil pédagogique pour le développement de la compétence interculturelle en classe de FLE. En vue du recueil des données, cette étude s’est servie d’un instrument quantitatif. Deux questionnaires à choix multiples ont été distribués auprès des apprenants et des enseignants de l’Université de Khartoum. Les résultats de l’analyse des données recueillies mettent en lumière le rôle clé de la traduction dans le développement de l’interculturel en classe de FLE. Les apprenants reconnaissent que la traduction les accompagne dans la compréhension des nuances culturelles liées à la langue française, favorisant ainsi leur immersion dans la culture cible, en l’occurrence la culture francophone. Les enseignants, quant à eux, affirment faire un usage fréquent de la traduction en adoptant une approche équilibrée, mêlant des textes culturellement riches à des textes strictement linguistiques. Ils sont unanimes quant à l’impact significatif de la traduction sur la sensibilisation culturelle des apprenants et recommandent vivement son intégration accrue au sein du programme de FLE. De plus, nous nous sommes servis de la théorie de la médiation interculturelle dans l’optique de sous-tendre la présente étude. Cette théorie nous a permis d’examiner plusieurs aspects pertinents tels que la sensibilisation culturelle, l’adaptation culturelle, la réflexion interculturelle, la communication interculturelle, la compréhension interculturelle ainsi que l’apprentissage interactif. En conclusion, cette étude souligne la pertinence de la traduction pour le développement de l’interculturel en classe de FLE à l’Université de Khartoum, répondant ainsi pleinement à notre objectif de recherche.
Il convient, pour commencer, de noter que la didactique des langues étrangères s’est toujours préoccupée de la mise en place des méthodes d’enseignement/apprentissage adéquates en classe de langue. Il s’avère évident que les multiples méthodes qui se sont suivies au fil des ans avaient une position favorable ou défavorable de la traduction, sans qu’aucune d’elles, pour autant, ne puisse s’imposer de manière définitive au détriment des autres. Rana (2017 : p. 12) estime que :
Dans les méthodologies d’enseignement du XIXème et du début du XXème siècle, la traduction avait un rôle clé en classe de langue étrangère. C’est ensuite que les méthodes d’enseignement se sont penchées vers un bannissement du recours à la langue maternelle en classe de langue étrangère, au profit d’un accès direct à la langue en question.
Le recours à la traduction dans l’enseignement des langues, que l’on voit d’ailleurs, de nos jours, se pratiquer dans de nombreuses éditions scolaires, ne date pas d’hier. C’est une technique qui, en réalité, trouve son origine dans les classes humanistes de la Renaissance, où elle s’appliquait aux traductions du grec en latin. D’après Garnier (2000 : p. 256), « l’histoire de la traduction des tragédies grecques en français, de la Renaissance à nos jours, met en évidence la naissance de cet exercice – dans sa suprématie actuelle – au début du XIXe siècle. » Nous pouvons alors comprendre que la traduction a toujours constituée « l’exercice-roi » tant dans la formation des langues étrangères que dans la formation des littératures anciennes. C’est une évidence.
Ensuite, certes, pour un temps, d’autres méthodes d’enseignement des langues s’étaient suivies. En l’occurrence, la méthode traditionnelle, la méthode directe ou encore la méthode audio-visuelle qui, quant à elles, avaient partagé une caractéristique commune, à savoir l’emploi exclusif de la langue étrangère en classe de langue. Ainsi cette période a-t-elle fait que la place de la traduction, en tant qu’exercice, connaisse des moments critiques on va dire, étant primordiale dans quelques méthodes et négligeable dans d’autres. Selon Alessandra (2016 : p. 82) :
Au fil du temps la traduction comme technique didactique a fait l’objet d’opinions et de jugements souvent discordants […] avant qu’elle soit finalement réhabilitée par l’enseignement, les approches communicatives et fonctionnelles comme outil de réflexion sur les caractéristiques sémantiques, pragmatiques et culturelles propres à chaque langue.
Mais à présent – d’ailleurs notre fraîche expérience le témoigne -, la traduction, de nouveau, reprend sa place en classe de langue étrangère, sans changer de mission : développer la dimension linguistique et (inter)culturelle dans la langue cible. Les méthodes actuelles avancent une théorie d’apprentissage où la langue maternelle retrouve sa place habituelle et de ce fait, elles réhabilitent la comparaison entre les langues et encouragent le recours à la traduction. Ce retour de la langue maternelle dans les théories d’apprentissage des langues étrangères suppose forcément l’emploi de la traduction en classe de langue. La traduction pédagogique, même si les modalités varient en fonction des pays et des contextes, occupe encore aujourd’hui une « place de choix » en didactique des langues étrangères ; à côté, bien évidemment, des exercices de grammaire, de compréhension écrite/orale, d’analyse linguistique, des cours de littérature, de civilisation et de multimédia. Plusieurs didacticiens l’ont souligné d’ailleurs, notamment Aouadi (2004 : pp. 25-32) et Ahmadi (2019 : p. 25.), en affirmant que la traduction n’a jamais complètement disparu de la classe de langue, elle a plutôt continué à être pleinement pratiquée, même en présence d’approches didactiques réticentes.
D’évidence, la didactique des langues étrangères ne cesse de s’enrichir des méthodes nouvelles pour mieux répondre aux besoins des apprenants et favoriser le développement de la compétence interculturelle en classe de langue. La traduction continue néanmoins de s’imposer comme l’exercice clé en classe de langues. Son emploi gagne du terrain dans l’immense majorité des établissements scolaires. En plus d’être enseignée en tant que discipline indépendante, elle sert également d’un auxiliaire dans la didactique des langues, en l’occurrence la didactique de FLE. Parmi ses diverses tâches en classe de FLE, elle se donne le rôle de médiatrice interculturelle entre la langue maternelle et la langue étrangère qui doivent se marier pour créer le pont vers la culture étrangère. Nonobstant, la complexité de son emploi et son efficacité quant à l’enseignement de la compétence interculturelle en classe de langue ne cesse de faire débat dans les forums instructifs. Ainsi, cet article a pour objectif d’explorer l’efficacité de la traduction en tant qu’outil pédagogique pour le développement de la compétence interculturelle en classe de FLE à l’Université de Khartoum.
Il convient par ailleurs de noter que, sur le plan empirique, la présente étude n’est pas la première dans ce champ de recherche. Elle ne constitue qu’une suite scientifique étant donné que de multiples études ont été menées sur la traduction comme médiation interculturelle en classe de FLE. À titre d’exemple, Belkadi (2015) a examiné la traduction comme une médiation interculturelle efficace en classe de FLE dans les universités algériennes. Les résultats de son étude affirment que la traduction constitue un exercice efficace dans l’enseignement de la médiation interculturelle en classe de FLE en Algérie. Dewaele (2010) de son côté a mené une étude exploratoire sur la traduction en tant qu’une approche interculturelle en classe de langue en Belgique. Les résultats de cette étude ont montré que malgré la potentielle complexité de son utilisation dans un contexte pédagogique, la traduction reste un dispositif indispensable pour le développement de l’interculturel dans l’enseignement de la langue étrangère. Auger (2012), dans son étude sur la traduction comme une médiation interculturelle complexe en classe de FLE, aborde dans le même sens que l’emploi de la traduction dans la didactique des langues ne se fait pas sans quelques complexités. Toutefois son étude de type exploratoire révèle que la traduction reste un médiateur interculturel efficace en classe de FLE. De manière ramassée, bien que ces études divergent sur le plan méthodologique et contextuel et qu’elles soulignent la potentielle complexité de l’intégration de la traduction en classe de langue, toutes soutiennent que la traduction reste un outil didactique précieux pour le développement de la compétence interculturelle en classe de FLE.
Quant au plan théorique, la présente étude adopte la théorie de la médiation interculturelle, développée par bon nombre de chercheurs, notamment le chercheur français Daniel Coste dans les années 1990. Cette théorie se base sur l’idée que l’enseignement de la communication interculturelle peut être facilité par l’emploi d’un médiateur, en l’occurrence la traduction, qui pourrait servir à surmonter les barrières linguistiques mais surtout (inter)culturelles existant entre les personnes de différentes cultures. Dans le contexte de l’enseignement des langues étrangères, cette théorie peut s’utiliser dans le but d’étudier de multiples aspects, tels que la sensibilisation culturelle, la réflexion interculturelle, l’adaptation culturelle, la communication interculturelle, l’apprentissage interactif et la compréhension interculturelle. Dans le cadre, examiner ces aspects reste d’une importance capitale en vue d’explorer l’efficacité de la traduction dans le développement de la compétence interculturelle en classe de FLE.
En ce qui concerne la méthodologie adoptée, la présente étude, de type exploratoire, est une étude de cas menée dans la ville de Khartoum, Soudan, auprès des apprenants de FLE de l’Université de Khartoum, plus précisément les apprenants de quatrième et cinquième années, amenés à subir des cours de traduction conçus a priori pour le développement des compétences linguistiques et (inter)culturelles. Elle cherche, à travers une méthode analytique, à explorer l’efficacité de la traduction dans le contexte du développement de la dimension interculturelle en classe de FLE. À cet effet, dans le cadre du recueil des données, nous avons fait usage du paradigme d’enquête qui a intégré une approche analytique. Des données quantitatives sur un certain nombre aspects ont été recueillies pour mieux examiner l’efficacité de la traduction comme outil didactique dans le développement de l’interculturel en classe de FLE.
Tout d’abord, deux questionnaires ont été élaborés à l’aide de Google Forms. Le premier questionnaire a été distribué aux apprenants tandis que le deuxième a été distribué aux enseignants de FLE à l’Université de Khartoum. Ensuite, en vue du traitement des données, nous avons fait usage du logiciel Google Forms qui nous a permis d’analyser les données quantitatives recueillies de manière statistique et donc de générer des diagrammes qui nous ont permis la visualisation et la présentation de ces données. Pour ce qui est de la fiabilité et de la validité des instruments utilisés, nous avons veillé à ce que les questionnaires soient bien construit et cohérent pour bien mesurer l’aspect étudié. Nous avons utilisé le coefficient alpha de Cronbach pour mesurer la cohérence interne des questions posées dans le questionnaire élaboré. Enfin, pour ce qui relève des considérations éthiques de l’étude, a priori de l’administration du questionnaire, une lettre d’autorisation du recueil des données a été adressée à la direction du département de français de l’Université de Khartoum. Nous avons également fait en sorte de rassurer nos répondants, les apprenants comme les enseignants, du strict anonymat dans le traitement des informations qu’ils nous auront confiées.
Comme indiqué plus haut, un seul instrument du recueil des données a été utilisé dans le cadre de la présente étude, à savoir les questionnaires. Nous avons distribué un questionnaire aux apprenants dont les questions se sont concentrées sur un certain nombre d’aspects permettant d’examiner l’efficacité de la traduction dans le développement de la compétence interculturelle en classe de FLE à L’Université de Khartoum. Ci-dessous l’analyse des données recueillies auprès des apprenants :
Le graphique 1 laisse voir que sur les 30 apprenants que nous avons pu interroger sur la mesure dans laquelle la traduction leur assiste dans la compréhension des nuances culturelles liées à la langue française, 22 apprenants, soit 73,3 %, ont répondu « Beaucoup » et le reste des apprenants a répondu « Modérément ». Ces chiffres indiquent que la grande majorité des apprenants considèrent que la traduction les accompagne côte à côte dans la compréhension des aspects culturels qui sont intrinsèquement liés à la langue française. Cette perception reste cruciale car elle suggère que la traduction ne se limite pas à une simple transposition linguistique, mais qu’elle contribue également, de manière significative, à une exploration plus profonde de la culture en question. Ces résultats laissent entendre que les apprenants voient la traduction comme une passerelle vers la compréhension des coutumes, des traditions, de l’histoire et des subtilités culturelles associées aux deux langues (cultures), ce qui répond à l’objectif du cours.
Le graphique 2 montre que sur la totalité de 30 apprenants interrogés sur la mesure dans laquelle la traduction leur permet de développer leur compétence interculturelle visée en classe de FLE, 21 apprenants, soit 70 %, ont répondu « Beaucoup » et 8 apprenants, soit 30%, ont répondu « Modérément ». Ces résultats suggèrent d’ailleurs que les apprenants estiment que la traduction les accompagne dans leur quête de s’immerger dans la culture française et donc d’appréhender la dimension interculturelle. Ils montrent que la mission de la traduction en classe de FLE dépasse la simple acquisition de compétences linguistiques. En d’autres termes, la traduction sert de médiateur interculturel, favorisant la sensibilisation et la compréhension des normes culturelles, des valeurs, des croyances, des attitudes, etc. Ces chiffres ne laissent aucun doute sur le rôle significatif joué par la traduction dans le processus du développement de la compétence interculturelle des apprenants de FLE de l’Université de Khartoum.
Les résultats du graphique 3 montrent que sur les 30 apprenants que nous avons interrogés sur leur préférence pour les types de textes en cours de traduction, 22 apprenants, soit 73,3 %, ont opté pour une « combinaison des deux » (Textes culturellement riches et textes strictement linguistiques) tandis que 26,7 % préfèrent les « Textes culturellement riches ». Cette répartition révèle une préférence majoritaire pour une variété de textes. Les apprenants semblent favoriser une approche équilibrée qui combine des textes culturellement riches avec des textes strictement linguistiques. Cette diversité dans les choix de textes reflète, de manière limpide, une compréhension profonde de la nécessité de maîtriser à la fois les aspects linguistiques et culturels de la langue dans le processus d’acquisition de la langue étrangère. Ces résultats indiquent que les apprenants perçoivent cette diversité textuelle comme un atout dans l’acquisition d’une compétence interculturelle plus holistique.
Le graphique 4 permet de comprendre que sur un nombre total de 30 apprenants que nous avons interrogés sur l’impact de la traduction sur leur capacité à communiquer sans entrave interculturelle, 22 apprenants, soit 73,3 %, estiment que l’impact est « Élevé », tandis que 26,7 % le jugent « Modéré ». Ces réponses indiquent que la traduction a un effet significatif sur la capacité des apprenants à communiquer de manière fluide et sans barrières dans des contextes interculturels donnés. Nous estimons que cette perception suggère que les apprenants reconnaissent que la traduction les prépare à interagir de manière efficace avec des locuteurs natifs, en comprenant non seulement les aspects linguistiques, mais aussi et surtout les subtilités culturelles essentielles pour des interactions interculturelles réussies. De manière brève, les résultats suggèrent que la traduction développe et renforce leur compétence communicative dans des situations de communication interculturelle.
Le graphique 5 nous permet de constater que sur les 30 apprenants que nous avons pu interroger, 29 apprenants, soit 96,7%, pensent que la traduction devrait continuer d’être utilisée comme outil didactique en classe de FLE à l’Université de Khartoum pour favoriser l’enseignement de la compétence interculturelle nécessaire aux apprenants. Un seul apprenant dit ne pas être sûr par rapport à la continuation du recours à la traduction. Ce choix de 29 sur 30 apprenants en dit long sur l’efficacité de la traduction en développement de la compétence interculturelle en classe de FLE au département de français de l’Université de Khartoum.
Nous avons ensuite distribué un autre questionnaire aux enseignants dont les questions se sont focalisées sur un certain nombre d’aspects permettant d’examiner l’efficacité de la traduction dans le développement de la dimension interculturelle en classe de FLE à L’Université de Khartoum. Ci-dessous l’analyse des données recueillies auprès des enseignants :
Les résultats du graphique 6 montrent que 3 sur 5 enseignants interrogés sur la fréquence à laquelle ils utilisent la traduction en classe de FLE, soit 60%, ont répondu « Souvent », tandis que 2 enseignants, soit 40%, ont répondu « toujours ». Ces résultats attestent que la traduction s’utilise en classe de FLE dans le but de favoriser le développement de la compétence interculturelle car suggèrent que la traduction est largement adoptée comme un outil pédagogique clé. Nous estimons que cette fréquence élevée d’utilisation indique un intérêt fort pour la traduction en tant qu’outil de développement interculturel. Il est évident que les enseignants reconnaissent le potentiel de la traduction pour aider les apprenants à acquérir une compréhension plus profonde de la culture liée à la langue étudiée.
Le graphique 7 montre que la majorité écrasante des enseignants, 4 sur 5, soit 80%, indique qu’ils utilisent une combinaison de textes culturellement riches et strictement linguistiques pour leurs exercices de traduction. Seul un enseignant, soit 20%, privilégie principalement les textes culturellement riches. Cette répartition suggère une préférence pour une approche équilibrée, avec une attention à la fois linguistique et culturelle, étant donné que les deux aspects sont intrinsèquement liés quand il s’agit d’apprendre une langue étrangère. En utilisant des textes variés, les enseignants offrent à leurs apprenants des occasions d’explorer la langue et la culture de manière plus holistique. Dans ce point, les apprenants, dans leur immense majorité, rejoignent les enseignants en optant pour une combinaison de textes culturellement riches et strictement linguistiques pour leurs exercices de traduction. Cette préférence pour la diversité suggère que les enseignants comme les apprenants reconnaissent la valeur des deux approches dans le développement de l’interculturel au moyen de la traduction.
Le graphique 8 montre que la totalité des enseignants interrogés (100%) ont évalué l’impact de l’utilisation de la traduction comme « Élevé » sur la sensibilisation culturelle et la réflexion interculturelle de leurs apprenants. Ce résultat est particulièrement significatif, car il indique que la traduction est perçue comme un outil puissant pour favoriser la compréhension interculturelle en classe de FLE à l’Université de Khartoum. Cette unanimité parmi les enseignants renforce l’idée que la traduction reste une méthode efficace de sensibilisation des apprenants à la culture. C’est un moyen d’encourager les apprenants à réfléchir sur les différences culturelles.
Le graphique 9 laisse voir que la totalité des enseignants interrogés, (100%) ont répondu « Oui » à la question de savoir si la traduction devrait être davantage intégrée dans le programme de FLE pour favoriser le développement de la compétence interculturelle en apprentissage de FLE. Ce résultat révèle un consensus fort parmi les enseignants sur l’importance de l’intégration de la traduction dans le curriculum. Ces enseignants reconnaissent que la traduction joue un rôle central dans la préparation des apprenants à interagir de manière plus efficace et respectueuse avec des personnes de cultures différentes. Cela suggère d’ailleurs un appel à l’action pour les concepteurs de programmes éducatifs et les décideurs pour consacrer plus d’espace à la traduction en tant qu’outil didactique dans l’enseignement de l’interculturel en classe de FLE.
De manière ramassée, les résultats des deux questionnaires indiquent qu’au département de français de l’Université de Khartoum, la traduction est perçue comme un outil efficace pour favoriser le développement de la compétence interculturelle en classe de FLE. Les chiffres montrent une forte adhésion à son utilisation et suggèrent même que la traduction devrait continuer à jouer un rôle clé dans l’enseignement de la compétence interculturelle en classe de FLE.
En conclusion, il convient d’abord de rappeler que la présente étude a eu pour objectif d’explorer l’efficacité de la traduction dans le développement de la dimension interculturelle en classe de FLE à l’Université de Khartoum.
Ensuite, nous avons, en nous basant sur les résultats ci-dessus, conclu que la traduction joue un rôle clé dans le développement de la compétence interculturelle en classe de FLE à l’Université de Khartoum. Les résultats de l’analyse des questionnaires adressés aux apprenants attestent que la grande majorité des apprenants estiment que la traduction les accompagne côte à côte dans la compréhension des nuances culturelles liées à la langue française. De plus, ils reconnaissent que la traduction facilite le développement de leur compétence interculturelle, en leur permettant de s’immerger dans la culture cible. Ces apprenants affirment préférer une variété de textes pour leurs exercices de traduction, combinant à la fois des textes culturellement riches et des textes ayant des aspects linguistiques. Cette préférence reflète une compréhension profonde de la nécessité de maîtriser à la fois les aspects culturels et linguistiques pour une compétence interculturelle holistique en FLE. Ces apprenants estiment que la traduction a un impact élevé sur leur capacité à communiquer sans entrave lors des contextes interculturels. Cela suggère que la traduction les prépare, de manière efficace, à interagir avec des locuteurs natifs en comprenant les subtilités culturelles, ce qui est crucial pour des interactions interculturelles réussies.
Par ailleurs, les enseignants, quant à eux, se servent, de manière fréquente, de la traduction en classe de FLE, privilégiant une approche équilibrée en utilisant à la fois des textes culturellement riches et strictement linguistiques. Aussi, reconnaissent-ils unanimement que la traduction a un impact élevé sur la sensibilisation culturelle de leurs apprenants. La totalité des enseignants estiment que la traduction devrait être davantage intégrée dans le programme de FLE pour favoriser le développement de la compétence interculturelle. Cette unanimité souligne l’importance de la traduction comme outil didactique pour le développement de l’interculturel en classe de FLE.
En outre, d’évidence, les résultats ci-dessus attestent l’efficacité de la traduction dans la facilitation de la compréhension culturelle, du développement de la compétence interculturelle et de la communication interculturelle en classe de FLE à l’Université de Khartoum. Nous pouvons ainsi conclure qu’au département de français de l’Université de Khartoum, la traduction joue un rôle central dans la préparation des apprenants à interagir avec succès dans des situations de communication interculturelle, et que son intégration plus poussée dans le dispositif curriculaire reste recommandée en vue du renforcement de la compétence interculturelle en classe de FLE.
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