Oral Communication in a foreign language and language anxiety: the case of students at the University of Juba

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By Nyanring, AM; Deris, NM (2023). Greener Journal of Social Sciences, 13(1): 114-122.

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Greener Journal of Social Sciences

Vol. 13(1), pp. 114-122, 2023

ISSN: 2276-7800

Copyright ©2023, Creative Commons Attribution 4.0 International.

https://gjournals.org/GJSC

Article’s title & authors

Title in English

Oral Communication in a foreign language and language anxiety: the case of students at the University of Juba

Title in French

La production orale en langue étrangère et anxiété langagière : le cas des étudiants de l’Université de Juba

 

Nyanring, Arop De Machar 1; Deris, Nge Meh (PhD)2

1 Pan-African University, Institute for Governance, Humanities and Social Sciences (PAUGHSS), Cameroon

2 University of Buea,  Advanced School of Translators and Interpreters (ASTI), Cameroon

ARTICLE’S INFO

Article No.: 112923146

Type: Research

Full Text: PDF, PHP, HTML, EPUB, MP3

Accepted: 30/11/2023

Published: 15/12/2023

*Corresponding Author

Nyanring Arop De Machar

E-mail: nyanringarop@ gmail.com;

Nge.deris@ ubuea.com

Keywords: language anxiety, foreign language, oral production; Affective filter, University of Juba’s students.

Mots clés : Anxiété langagière, langue étrangère, production orale, filtre affectif, étudiants de l’Université de Juba.

       
 

ABSTRACT

 

Language anxiety is a common phenomenon experienced by students learning a foreign language. The aim of this study is to identify the causes of language anxiety among students in the French department of the University of Juba and propose techniques to overcome this anxiety. The study used a mixed research approach of data collecting and analysis, collecting both quantitative and qualitative data. The analysis and interpretation of the data were based on a questionnaire, a semi-structured interview, and direct observation.

In addition, the study is underline by the theory of second language acquisition which is the affective filter hypothesis. The findings show that lack of vocabulary, fear of making mistakes, and lack of self-confidence are the main causes of language anxiety among students. To help students overcome their anxiety, the study suggests educating students about language anxiety, providing additional resources such as books, articles, or videos that address this issue, offering personalized support with an emphasis on understanding and accepting mistakes as part of the learning process, creating spaces for informal conversation where students can practice the language in a relaxed and pressure-free manner, creating tandem partnerships with other students or native speakers to promote language exchange and self-confidence, and incorporating relaxation and stress management activities into the class routine.

Résumé

L’anxiété langagière est un phénomène courant chez les étudiants qui apprennent une langue étrangère. Cette étude a pour objectif d’identifier les causes de l’anxiété langagière chez les étudiants du département de français de l’Université de Juba et de proposer des techniques pour y remédier.

L’étude a utilisé une approche de recherche mixte pour la collecte et analyse des données, en recueillant à la fois des données quantitatives et qualitatives. L’analyse et l’interprétation des données ont été basées sur un questionnaire, un entretien semi-structuré et une observation directe. En outre, cette étude s’appuie sur la théorie de l’acquisition d’une langue seconde, à savoir l’hypothèse du filtre affectif.

Les données collectées montrent que le manque de vocabulaire, la peur de commettre des erreurs et le manque de confiance en soi sont les principales causes de l’anxiété langagière chez les étudiants. Pour aider les étudiants à surmonter leur anxiété, il est suggéré de sensibiliser les étudiants sur le phénomène de l’anxiété langagière, de fournir des ressources supplémentaires telles que des livres, des articles ou des vidéos qui abordent ce sujet, d’offrir un accompagnement personnalisé en mettant l’accent sur la compréhension et l’acceptation des erreurs comme faisant partie du processus d’apprentissage, de créer des espaces de conversation informelle où les étudiants peuvent pratiquer la langue de manière décontractée et sans pression, de créer des partenariats de tandem avec d’autres étudiants ou des locuteurs natifs pour favoriser l’échange linguistique et la confiance en soi, puis d’incorporer des activités de relaxation et de gestion du stress dans la routine de classe.

   

INTRODUCTION

La compétence de production orale est cruciale dans l’apprentissage d’une langue étrangère (Oteir et al, 2021), car elle met en évidence les compétences de l’interlocuteur dans cette langue. (Gbadegesin,2018). Cependant, dans le processus d’acquisition et pratique de cette compétence, elle s’accompagne parfois de certaines difficultés, dont l’anxiété langagière. Cette dernière est considérée comme un défi majeur pour les apprenants de langues étrangères et a été largement étudiée dans le domaine de l’apprentissage des langues étrangères (Horwitz, 2001).

Elle constitue un obstacle mental à l’apprentissage, entravant ainsi la production orale des étudiants du département de français de l’Université de Juba. (Zdena et al, 2017). Lorsque les enseignants écoutent leurs étudiantes s’exprimés en français, ils remarquent facilement l’anxiété langagière qu’ils ressentent. Cela se constate par le faible niveau de vocabulaire qu’ils utilisent, les difficultés de prononciations, etc. Cependant, tous les étudiants du département de français ne ressentent pas nécessairement cette anxiété, et son intensité peut varier d’un individu à l’autre en fonction de leurs propres perceptions et de leur niveau de confiance. Par exemple, certains étudiants peuvent croire que le français est une langue difficile à parler ou qu’ils ne possèdent pas les qualifications nécessaires pour le maîtriser, ce qui peut contribuer à l’anxiété langagière. Cette mentalité peut entraîner des obstacles mentaux qui affectent à la fois le processus d’apprentissage et le bien-être des étudiants.

Problème de l’étude

Le fait que la majorité des étudiants du département de français de l’Université de Juba s’expriment mal en français et se sentent anxieux lorsque qu’ils se s’expriment, a attiré l’attention des enseignants, et également démontré et rapporté à l’échelle de la faculté per les enseignants eux même. (Siti Farideh et al 2015).

En effet, l’apprentissage d’une langue étrangère à l’université génère du stress et de l’anxiété chez les étudiants (Al-Shuaibi et al, 2014). Malgré leurs quatre années d’études, les étudiants éprouvent des difficultés à s’exprimer en français, que ce soit en classe ou dans des situations informelles. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce problème, tels que les attitudes des étudiants envers l’apprentissage de la langue, leur manque d’exposition à l’utilisation quotidienne du français, etc. Afin de comprendre les raisons sous-jacentes à cette difficulté, cette étude se focalise sur les causes de l’anxiété langagière chez les étudiants du département de français de l’Université de Juba, et vise à proposer des techniques pour surmonter ce problème.

Questions de recherche

Deux questions nous guideront dans la résolution de ce problème, à savoir :

Quels sont les causes de l’anxiété langagière chez les étudiants du département de français de l’Université de Juba ?

Quelles techniques de remédiation mettre en œuvre pour surmonter considérablement cette anxiété langagière ?

Objectifs de l’étude

Compte tenu de la problématique ci-dessus, cette étude s’est fixé les objectifs suivants :

Identifier les causes qui rendent les étudiants anxieux lorsqu’ils s’expriment en français.

Faire des suggestions aux enseignants du département de français afin d’aider les étudiants anxieux à surmonter leur anxiété lorsqu’ils s’expriment en français.

Hypothèses d’étude

Les questions d’étude ont conduit à l’hypothèse suivante :

Le manque de vocabulaire et de confiance en soi pourrait pousser les étudiants du département de français de l’Université de Juba à se sentir anxieux lorsqu’ils s’expriment en français.

 

LA REVUE DE LA LITTERATURE

Il est important d’introduire une littérature qui concerne l’essentiel de notre travail, notamment ce qui concerne la notion d’anxiété, l’anxiété langagière en langue étrangère, les causes de l’anxiété langagière, ainsi que le cadre théorique.

Notion d’anxiété

L’anxiété est un état mental et physique caractérisé par des symptômes émotionnels, physiques, cognitifs et comportementaux spécifiques (Zdena et al, 2017). Selon Spielberger (1983), cité dans (Horwitz, 2001). Elle se définit comme un sentiment subjectif de tension, d’appréhension, de nervosité et d’inquiétude associé à une excitation du système. Les psychologues distinguent plusieurs catégories d’anxiété : l’anxiété trait, l’anxiété d’état et l’anxiété spécifique à une situation (Horwitz, 2001).

L’anxiété trait est considérée comme une caractéristique relativement stable de la personnalité, tandis que l’anxiété d’état est perçue comme une réponse à une situation anxiogène spécifique, telle qu’un test important (Spielberger, 1983 ; cité dans Horwitz, 2001). Enfin, l’anxiété spécifique à une situation met en évidence la nature persistante et multiforme de certaines angoisses qui peuvent être déclenchées par un type spécifique d’état ou de stimulus, comme l’anxiété liée à la prise de parole en public (Macintyre & Gardner, 1991 ; cité dans Horwitz, 2001).

Anxiété langagière en langue étrangère

L’anxiété langagière en langue étrangère se réfère aux sentiments d’inconfort, de nervosité et de peur ressentis par une personne lorsqu’elle utilise une langue qui n’est pas sa langue maternelle (Macintyre, 2007). Selon Horwitz et al (1986, p. 128), il s’agit d’un « ensemble de perceptions de soi, de croyances, de sentiments et de comportements liés à l’apprentissage des langues ».

À la lumière de ces définitions, nous pouvons donc dire que l’anxiété langagière est un sentiment de tension ou d’inquiétude excessive lié à la communication orale ou écrite dans une langue étrangère, en particulier dans des situations sociales ou professionnelles. Les personnes souffrent d’anxiété langagière peuvent se sentir nerveux et douter d’elles-mêmes lorsqu’elles s’expriment dans une langue étrangère.

Types d’anxiété langagière

D’après Horwitz et al. (1986), il existe trois types d’anxiétés de performance spécifiques à une situation donnée : 1) l’appréhension de la communication ; 2) l’anxiété liée aux tests ; et 3) la peur d’une évaluation négative.

  • L’appréhension de la communication

L’appréhension de la communication avec les autres est essentielle pour comprendre l’anxiété langagière en langues étrangères. C’est une forme de timidité caractérisée par l’anxiété ou la peur de s’exprimer avec les personnes. De plus, il peut y avoir des difficultés à parler en tête-à-tête ou en groupe (anxiété de la communication orale) ou en public (anxiété de la performance). D’ailleurs, L’appréhension de la communication joue clairement un rôle important dans l’anxiété liée aux langues étrangères.

Les personnes qui ont généralement du mal à s’exprimer en groupe sont susceptibles de rencontrer encore plus de difficultés dans une classe de langue étrangère, où elles ont peu de contrôle sur la situation de communication et où leurs performances sont constamment évaluées. De plus, dans un contexte d’apprentissage d’une langue étrangère, l’étudiant doit communiquer à travers un moyen de communication pour lequel il n’a qu’une maîtrise limitée.

L’appréhension de la communication lors de l’apprentissage d’une langue étrangère découle de la reconnaissance personnelle que l’on aura probablement des difficultés à comprendre la langue de son interlocuteur et à se faire comprendre. Il est donc possible que de nombreuses personnes choisissent de se taire dans un cours de langue étrangère en raison de cette reconnaissance de leurs propres difficultés. Cependant, il existe également des cas où les locuteurs peuvent se sentir plus à l’aise et moins anxieux lorsqu’ils communiquent dans une langue étrangère, ayant l’impression que quelqu’un d’autre parle à leur place. Ce phénomène peut être similaire à celui des personnes atteintes de bégaiement qui sont parfois capables de parler normalement lorsqu’ils chantent ou jouent la comédie.

  • L’anxiété lies aux tests

L’anxiété liée aux tests est un type d’anxiété de performance qui se manifeste par la peur de l’échec. Les étudiants anxieux vis-à-vis des évaluations ont souvent des attentes irréalistes et ont l’impression de ne pas être à la hauteur. Ils considèrent que toute performance qui n’est pas parfaite est un échec. Cela peut être particulièrement difficile pour les étudiants dans un cours de langue étrangère, car les évaluations et les tests sont fréquents et même les étudiants les plus compétents et les mieux préparés peuvent commettre des erreurs. Les évaluations orales peuvent également susciter à la fois de l’anxiété vis-à-vis des évaluations et de l’anxiété liée à la communication orale chez les étudiants anxieux.

  • peur d’une évaluation négative

La peur d’une évaluation négative, également connue sous le nom d’anxiété liée à l’évaluation sociale, englobe l’appréhension des évaluations des autres, l’évitement des situations d’évaluation et la crainte que les autres les évaluent de manière négative. Contrairement à l’anxiété liée aux tests, cette peur ne se limite pas aux situations de passation de tests mais peut survenir dans n’importe quelle situation impliquant une évaluation sociale, comme un entretien d’embauche ou prendre la parole dans un cours de langue étrangère. Les étudiants peuvent ressentir une anxiété particulière dans les cours de langues étrangères puisque les enseignants sont souvent les seuls à parler couramment la langue dans la classe. Les étudiants peuvent également être très sensibles aux évaluations, qu’elles soient réelles ou imaginaires, de la part de l’enseignant ou de leurs pairs.

Causes de l’anxiété langagière

Les études antérieures ont identifié plusieurs facteurs liés à l’anxiété langagière chez les apprenants d’une langue seconde ou étrangère. Ces facteurs peuvent être regroupés en deux catégories : les aspects liés à l’enseignant et à l’enseignement, ainsi que les aspects liés aux étudiants eux-mêmes.

Concernant les aspects liés à l’enseignant et à l’enseignement, des recherches ont montré que des attitudes négatives de la part des enseignants, un manque de compétences pédagogiques adéquates, l’utilisation de méthodes d’enseignement inconfortables, ainsi que des évaluations inappropriées peuvent contribuer à l’anxiété langagière chez les apprenants. De plus, des changements fréquents dans les supports d’enseignement et les approches pédagogiques peuvent également avoir un impact négatif sur les étudiants (Siti Farideh et al 2015).

Quant aux aspects liés aux étudiants, plusieurs études ont révélé que des sentiments de faible estime de soi, de timidité et de manque de confiance en leurs capacités linguistiques peuvent induire une anxiété langagière. (Siti Farideh et al 2015)

De plus, la peur d’être jugé négativement par les autres, l’appréhension de la communication et le désir excessif de perfection dans la production orale peuvent également contribuer à l’anxiété langagière (Al-Shuaibi et al 2014)

Il est également important de prendre en compte des facteurs individuels tels que la maîtrise insuffisante de la langue cible, les difficultés rencontrées dans l’apprentissage de la culture associée à cette langue, ainsi que les différences de statut social perçues entre les locuteurs natifs et les apprenants (Hakim 2019).

En tenant compte de ces différents aspects, nous pouvons mieux comprendre les causes de l’anxiété langagière chez les étudiants du département de français de l’Université de Juba et proposer des stratégies pour la réduire.

CARDE THEORIQUE

Il est important d’aborder dans cette partie les théories qui éclairent l’anxiété langagière.

L’hypothèse du filtre affectif

La théorie de l’hypothèse du filtre affectif de Stephen Krashen 1982 est une théorie clé dans le domaine de l’acquisition d’une langue seconde. Elle met en évidence l’influence des facteurs affectifs, tels que la motivation, la confiance en soi et l’anxiété, sur l’acquisition d’une langue. Selon cette théorie, le filtre affectif peut faciliter ou entraver l’accès aux données linguistiques compréhensibles nécessaires à l’acquisition de la langue. En d’autres termes, des variables affectives telles que la peur, l’anxiété, l’ennui et la résistance au changement peuvent entraver l’acquisition d’une langue en bloquant l’accès aux informations linguistiques dans l’esprit de l’apprenant. L’hypothèse du filtre affectif explique que l’apprentissage d’une langue ne peut pas se produire si l’apprenant bloque volontairement ou involontairement le processus d’apprentissage. Un apprenant peut avoir un filtre affectif élevé ou faible, et plus le filtre est élevé, plus l’apprentissage de la langue est entravé, tandis qu’un filtre faible favorise l’apprentissage. Cette théorie est pertinente dans notre étude car elle nous permet de comprendre que l’anxiété langagière agit comme un filtre qui entrave l’acquisition du français chez les étudiants du département de français de l’Université de Juba. Lorsqu’un apprenant se sent anxieux lorsqu’il s’exprime dans une langue étrangère, cela peut entraîner une inhibition et un blocage du processus d’apprentissage.

METHODOLOGIE

Pour cette étude, nous avons adopté une approche mixte pour recueillir à la fois des données quantitatives et qualitatives. Notre échantillon était composé d’étudiants et d’enseignants du département de français de l’Université de Juba. Nous avons réalisé un entretien avec les enseignants, une observation directe dans les classées et conçu un questionnaire spécifique et l’avons envoyé à 35 étudiants, obtenant ainsi 30 réponses. Pour assurer la flexibilité et la facilité d’accès, nous avons utilisé la plateforme en ligne Google Forms pour la distribution et la collecte des questionnaires. Cette plateforme nous a également permis d’analyser les données quantitatives et de générer des graphiques statistiques. Pour garantir la fiabilité de notre instrument, nous avons mesuré la cohérence interne du questionnaire en utilisant l’alpha de Cronbach. De plus, nous avons effectué des contrôles de validité de contenu pour assurer la validité de nos mesures.

ANALYSE DES DONNEES ET PRESENTATION DES RESULTATS

Cette étude vise à identifier les causes de l’anxiété langagière chez les étudiants du département de français de l’Université de Juba. Nous avons utilisé plusieurs méthodes de collecte de données, telles qu’un questionnaire et un entretient, ainsi qu’une observation dans les classes du département. Les résultats obtenus ont été analysés afin d’identifier les causes principales qui cause cette anxiété langagière. L’objectif final est de proposer des stratégies pour aider les étudiants à surmonter cette anxiété et à améliorer leurs compétences linguistiques.

Le sentiment de l’anxiété langagière

Graphique 1 ci-dessous présente les données concernant le sentiment d’anxiété langagière rencontrée par les étudiants du département de français de l’Université de Juba.

Graphique 1

Pour déterminer si les étudiants du département de français de l’Université de Juba rencontrent de l’anxiété langagière, nous avons interrogé les étudiants ainsi que les enseignants. Les réponses que nous avons recueillies indiquent que tous les étudiants interrogés, soit 100 %, affirment se sentir anxieux lorsqu’ils s’expriment en français. En ce qui concerne les entretiens avec les enseignants, 5 sur 7 ont remarqué des signes d’anxiété chez leurs étudiants, tandis que 2 n’ont pas remarqué ce phénomène. L’observation dans les classes a également révélé que l’anxiété langagière se manifeste principalement lors des cours d’écoute et d’expression orale.

Les causes d’anxiété langagière chez les étudiants

 

Graphique 2 ci-dessous présente les données concernant les causes de l’anxiété langagière rencontrée par les étudiants du département de français de l’Université de Juba.

Graphique 2

D’après les statistiques, il ressort que sur un échantillon de 30 étudiants, 50% (soit 15) ont identifié le manque de vocabulaire en français comme la principale cause de leur anxiété langagière. En outre, 30% (soit 9 étudiants) ont cité la peur de faire des erreurs en français comme étant la cause principale de leur anxiété, tandis que 20% (soit 6 étudiants) ont mentionné un manque de confiance en eux-mêmes.

Les enseignants ont identifié des facteurs tels que la timidité, la peur de commettre des erreurs, la crainte de s’exprimer en public et le manque de confiance en soi comme étant les principales causes de l’anxiété chez les étudiants. Les observations ont révélé que les étudiants du département de français de l’Université de Juba sont principalement affectés par la peur de parler devant un public, la pression académique, le manque de vocabulaire et les attentes élevées des enseignants. En outre, les participants ont souligné un manque de confiance en leurs compétences linguistiques et la peur de faire des erreurs.

Suggestions pour aider les étudiants qui souffrent de l’anxiété langagière au département de français de l’Université de Juba

Graphique 3 ci-dessous présente les données concernant les suggestions pour aider les étudiants qui souffrent de l’anxiété langagière au département de français de l’Université de Juba à surmonter leur anxiété.

Graphique 3

L’objectif de cette questionne est de recueillir des suggestions de stratégies pour aider les étudiants du département de français de l’Université de Juba à surmonter leur anxiété langagière. Les résultats montrent que, sur un total de 30 étudiants interrogés, 14 d’entre eux (soit 46,7%) pensent que les enseignants devraient proposer plus d’activités orales pour les aider à pratiquer la langue. 13 étudiants (soit 43,3%) suggèrent de créer un environnement où ils se sentent en confiance pour prendre la parole sans craindre d’être jugés. Enfin, 3 étudiants (soit 10%) estiment que les enseignants devraient accorder moins d’importance à la correction et se concentrer davantage sur la compréhension.

De leur côté, les enseignants recommandent plusieurs stratégies pour aider les étudiants à surmonter leur anxiété langagière. Ils suggèrent de sensibiliser les étudiants à cette anxiété, en leur fournissant des ressources supplémentaires telles que des livres ou des articles sur le sujet. Ils recommandent également d’offrir un accompagnement personnalisé, en encourageant les étudiants à accepter leurs erreurs comme faisant partie du processus d’apprentissage. Les enseignants proposent également de créer des espaces informels de conversation où les étudiants peuvent pratiquer la langue sans pression. Ils suggèrent de mettre en place des partenariats de tandem avec d’autres étudiants ou des locuteurs natifs pour favoriser les échanges linguistiques et renforcer la confiance en soi. Enfin, les enseignants recommandent d’introduire des activités de relaxation et de gestion du stress dans les cours pour aider les étudiants à se détendre et à mieux gérer leur anxiété.

DISCUSSION

La présente étude démontre que les étudiants du département de français de l’Université de Juba ressentent l’anxiété langagière lorsqu’ils s’expriment en français. En effet, la majorité d’entre eux se sentent anxieux lorsqu’ils sont dans les cours d’écoute et d’expression orale en raison du manque de vocabulaire, de la peur de commettre des erreurs et du manque de confiance en soi. Ces facteurs constituent les principales causes de cette anxiété chez les étudiants.

D’autres études ont également obtenu des résultats similaires. Par exemple, Zulfakir (2022) a constaté que le manque de confiance des étudiants est la principale cause de l’anxiété langagière, tandis qu’Anna (2021) confirme que, la peur des apprenants de faire des erreurs ou d’être ridicules aux yeux de leurs camarades sont les principales causes pour la majorité des apprenants. Selon Amel (2018), les étudiants craignent d’être évalués négativement et ont peur du jugement. Cela peut être lié à leur manque d’estime de soi et à leur esprit de compétition.

De plus, notre étude propose des techniques de remédiation pour aider les étudiants à surmonter leur anxiété. Celles-ci incluent la sensibilisation des étudiants au phénomène de l’anxiété langagière, la fourniture de ressources supplémentaires telles que des livres, des articles ou des vidéos abordant ce sujet, l’offre d’un accompagnement personnalisé mettant l’accent sur la compréhension et l’acceptation des erreurs comme faisant partie du processus d’apprentissage, la création d’espaces de conversation informels où les étudiants peuvent pratiquer la langue de manière détendue et sans pression, et la mise en place de partenariats de tandem avec d’autres étudiants ou des locuteurs natifs pour favoriser l’échange linguistique et la confiance en soi. En outre, l’incorporation d’activités de relaxation et de gestion du stress dans la routine de classe peut également être bénéfique.

Pour remédier à l’anxiété langagière chez les étudiants, Zulfakir (2022) suggère que les enseignants doivent tenir compte de l’anxiété des apprenants et instaurer un climat éducatif peu stressant, chaleureux et encourageant en classe. Ils ne doivent pas ignorer cette anxiété ni la considérer comme un problème que les apprenants doivent résoudre par eux-mêmes. Les enseignants doivent rechercher des approches pédagogiques telles que la correction sélective des erreurs afin de donner aux apprenants les moyens d’atteindre leurs objectifs. Ils doivent encourager le travail de groupe en classe, permettant aux apprenants de travailler de manière cohérente au sein d’un groupe pour atteindre un objectif commun, en s’aidant mutuellement et en reconnaissant les forces de chacun. Ainsi, les étudiants cesseront de s’inquiéter de la qualité de leur apprentissage, cesseront de se percevoir comme des individus isolés et les apprenants les plus timides trouveront progressivement le courage de s’ouvrir à leurs camarades. Ils ne se sentiront plus évalués négativement par eux-mêmes ni en compétition avec les meilleurs de la classe. Par conséquent, ils se sentiront moins anxieux face aux situations d’apprentissage d’une seconde langue.

Anne (2021) suggère également que pour remédier à cela, le climat général d’un cours de langue vivante doit être serein et accueillant, afin de permettre aux éléments sujets à l’anxiété de se sentir en confiance pour répondre aux tâches proposées. De plus, le traitement des erreurs doit faire l’objet d’un travail de la part des enseignants, et la perspective de l’erreur doit devenir un aléa comme un autre dans le cours, et non un écueil craint.

Liao, Y.et al (2021) proposent dans leur étude que les étudiants doivent adopter un état d’esprit proactif et comprendre que l’acquisition d’une langue étrangère tout en s’adaptant à une nouvelle culture n’est pas un processus facile. Faire des erreurs fait partie de l’apprentissage d’une langue étrangère et éviter les problèmes n’est pas un moyen efficace de réduire l’anxiété langagière. Ils suggèrent de chercher de l’aide auprès de leurs pairs et de leurs enseignants, de se défendre et de s’exprimer pour le droit d’être soutenu.

Pour les enseignants, il est important de reconnaître les besoins émotionnels des étudiants et d’y répondre. Il est de la responsabilité de l’instructeur de minimiser les effets psychologiques en cultivant de manière proactive une atmosphère de classe détendue, amicale et positive en expliquant clairement les attentes et les exigences académiques, et en faisant attention à la vitesse et à la qualité de sa communication. De plus, les enseignants doivent être attentifs aux manifestations évidentes et subtiles de discrimination et d’isolement qui se produisent dans leur classe, et y remédier afin de garantir un environnement d’apprentissage inclusif.

CONCLUSION

La production orale en français est une démonstration pratique de la compétence linguistique dans une langue étrangère (Gbadegesin, 2018). Elle montre la maîtrise d’une langue étrangère par un apprenant. Cependant, lorsque les apprenants ressentent de l’anxiété en la pratiquant, cela peut affecter leur confiance en eux et leur compétence à communiquer dans cette langue. Notre étude a identifié plusieurs causes qui ont à l’origine de l’anxiété langagière chez les étudiants du département de français de l’Université de Juba, tels que le manque de vocabulaire, la peur de commettre des erreurs et le manque de confiance en soi. Ces causes ont un impact significatif sur leur production orale et leur bien-être.

Nous avons proposé plusieurs techniques efficaces pour réduire l’anxiété langagière chez les étudiants du département de français de l’Université de Juba. Premièrement, l’immersion linguistique peut être bénéfique en les exposant davantage à la langue française. Deuxièmement, l’organisation régulière de discussions de groupe permet aux étudiants de pratiquer l’expression orale en français dans un environnement soutenant et sans jugement. Enfin, l’intégration de ressources multimédias dans les cours de français peut aider les étudiants à renforcer leur compétence linguistique de manière interactive et engageante.

Il est également important de sensibiliser les étudiants à l’anxiété langagière et de leur fournir des ressources utiles en français, telles que des livres, article des vidéos, etc. Ainsi, ils seront mieux préparés et auront plus de confiance pour faire face à l’anxiété langagière et mieux s’exprimer en français.

En conclusion, il est crucial de reconnaître et de prendre en compte l’anxiété langagière des étudiants en français. En adoptant des méthodes d’enseignement adaptées et en fournissant un soutien émotionnel, ceux-ci aideraient les apprenants à surmonter leur anxiété et à développer leur compétence linguistique dans la langue française de manière plus confiante et fluide.

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Cite this Article:

Nyanring, AM; Deris, NM (2023). Oral Communication in a foreign language and language anxiety: the case of students at the University of Juba. Greener Journal of Social Sciences, 13(1): 114-122.

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