Traduction et gestion de la culture dans la littérature orale des Grassfields : Une lecture des proverbes Ngomba dans leur version traduite.

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Greener Journal of Art and Humanities

Vol. 11(1), pp. 1-9, 2026

ISSN: 2276-7819

Copyright ©2026, Creative Commons Attribution 4.0 International.

https://gjournals.org/GJAH

DOI: https://doi.org/10.15580/gjah.2026.1.122625207

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Traduction et gestion de la culture dans la littérature orale des Grassfields : Une lecture des proverbes Ngomba dans leur version traduite

Obono Essomba Anne1; Nde Tidoh Audrey Elsie2; Nol Alembong3

1ASTI / Université de Buea

2Etudiante Master/ASTI/ Université de Buea

3Cultural Studies and Religious Beliefs, Université de Buea

ABSTRACT

La traduction des proverbes issus de la littérature orale pose un défi majeur en raison de l’enracinement culturel profond et de la nature orale qui leur confèrent une richesse et une complexité spécifiques. Traduire à travers les langues africaines renvoie au problème de la restitution des socioculturemes. Cet exercice soulève la question de la difficulté que connait le traducteur à faire transparaitre les réalités socio-culturelles de la culture source dans le texte d’arrivée. L’étude est celui du transfert de sens d’une langue vers une autre et cela soulève quelques questions : Quels sont les stratégies et les procédés de traduction susceptibles de rendre la culture du peuple Ngomba visible au cours de la traduction de ses proverbes ? Comment le traducteur maintient-il l’équilibre entre la fidélité au sens original et adaptation à la cible, tout en tenant compte de la dimension orale des proverbes qui influe sur leur formulation et leur transmission ? Notre objectif est de voir si les équivalents français préétablis peuvent faire transparaitre les réalités socioculturelles du peuple et d’identifier les stratégies de traduction qui permettent de préserver le sens original et l’impact culturel source des proverbes. Nos résultats démontrent que les équivalents français ne révèlent pas avec exactitude l’identité culturelle ngomba. Toutefois, la foreignisation, avec pour micro-stratégies la traduction littérale permet de préserver la spécificité du texte ngomba, car les référents symboliques sont systématiquement rendus, ce qui permet de déceler les réalités auxquelles est lié le peuple ngomba.

 

ARTICLE’S INFO

Article No.: 122625207

Full Text: PDF, PHP, HTML, EPUB, MP3

DOI: 10.15580/gjah.2026.1.122625207

Accepted: 15/12/2025

Published: 06/01/2026

*Corresponding Author

Obono Essomba Anne

E-mail: essombanne@gmail.com

Keywords: traduction, proverbes, médiateur, culture, socioculturemes, théorie linguistique.

 

     

Introduction

La littérature orale constitue une richesse immatérielle fondamentale pour la transmission des savoirs, des valeurs et de l’identité culturelle au sein des sociétés africaines. Parmi ses formes les plus expressives, le proverbe occupe une place centrale agissant à la fois comme reflet de l’expérience collective et vecteur d’une sagesse souvent codée. Chez les Ngomba, comme dans plusieurs autres cultures orales, les proverbes sont le fruit d’observations muries et d’expériences partagées ; ils jouent un rôle essentiel dans l’interaction sociale, la construction des normes et la régulation des comportements.

Toutefois, la traduction de ces textes oraux, particulièrement des proverbes nécessite une double dimension linguistique et culturelle pour préserver leur portée éducative, sociale et symbolique. Cette recherche s’appuie sur cette richesse de la littérature orale Ngomba pour analyser la traduction des proverbes en tenant compte des enjeux culturels inhérents à cette pratique. Nida et Taber (1969: 12) définissent la traduction enc es termes : « Translating consists in reproducing in the receptor language the closest natural equivalent of the source language message, first in terms of meaning and secondly in terms of style». Autrement dit, traduire c’est rendre dans la LA l’équivalent naturel le plus proche du message de la LD en faisant d’abord attention au sens, puis au style. Pour ces auteurs, la priorité dans le processus de traduction doit être accordée au sens du texte source. Cela dit, ce n’est que lorsque le traducteur aura transféré au texte cible tout son sens de départ, qu’il pourra par la suite penser à donner un style à ce texte. Ayuk (2010 :21) la traduction renvoie au « transfert sémantico-stylistique d’un message écrit dans une langue A ou langue de départ vers une langue B ou langue d’arrivée ». Il ressort les deux pans importants de la traduction : le sens qui exprime le message et le style qui marque l’expressivité. La problématique de ce travail nous invite à nous intéresser à la traduction d’un genre imagé donc la caractéristique principale reste non seulement la prédilection pour les systèmes morphologique, syntaxique, sémantique et lexical que revêt le proverbe mais aussi le contexte socioculturel et philosophique. Comment le médiateur interculturel parvient -il à transférer le fidèlement le sens de ces proverbes dans une autre langue en respectant leur charge culturelle intrinsèque ? que fait -il du langage imagé des proverbes et de la philosophie propre à ce peuple. La sacrifie t’elle sur l’hôtel de la restitution ? Quelles stratégies de traduction le traducteur utilise t’il afin de conserver la portée pragmatique et symbolique des proverbes Ngomba dans leur version traduite ? La présente étude se fonde sur la théorie sociolinguistique est une discipline qui s’occupe de l’étude des rapports existant entre la culture, la société et la langue.  Trudgill (1983 : 32). Ce travail pose pour hypothèses que les équivalents français préétablis ne peuvent pas effectivement refléter les réalités socioculturelles auxquelles sont liés les proverbes ngomba, à cet effet, une approche plus littérale permettrait de mieux préserver l’identité culturelle ngomba. Notre tâche consistera à examiner les techniques que le traducteur utilise dans la restitution des referont culturels.

I-Proverbe

Plusieurs définitions ont été attribuées au proverbe. Rodegem (1983 :68) souligne que le proverbe est un mot d’origine latine « proverbium » composé de « pro » signifiant « à la place de » et «verbium » ayant pour signification « mot / parole ». Cette origine indique que le proverbe était un acte de parole, c’est-à-dire un énoncé qui se disait uniquement par voie orale. Cauvin (1981 :5) révèle le caractère métaphorique du proverbe en ce sens que : « le proverbe est laconique, lapidaire, facile à retenir. Il sent le terroir, fait comprendre immédiatement une situation, valorise le discours. Son message abstrait et universel est fondé sur l’expérience et l’observation ».

Finnegan (1976 :393) définit le proverbe comme : « saying in more or less fixed form, marked by shortness, sense and salt, and distinguished by the popular acceptance of the truth in it ». Autrement dit, l’auteur met en lumière la brièveté, son sens et le sel que contient le proverbe.

Cauvin (1981 :15) affine sa définition et souligne que les proverbes africains en général sont fondés sur des images et ces images sont révélatrices de sens. Quant à Anscombre (1994 :95), il met en exergue le caractère expérimental du proverbe. Il affirme à cet effet que : « le proverbe est un trésor de conseils empiriques accumulés au fil du temps par la sagesse populaire ». Cela dit, plusieurs proverbes sont créés à partir des faits de la vie, des choses réelles.

Tout compte fait, le proverbe est une parole de sagesse et d’expérience, lapidaire, concise, exprimant un conseil, une vérité d’ordre général et participant à l’éducation des individus d’une société.

 

I-1 Proverbe africain et proverbe européen

Le proverbe européen et le proverbe africain ne présentent pas nécessairement les mêmes caractéristiques. Le proverbe européen présente des formes esthétique et stylistique qui se matérialisent par l’économie et l’ellipse. Les proverbes africains sont par contre généralement extensifs comme nous le montre ce proverbe ngomba : « kɔ/láa/nùk/mɛzɔŋ/dú/sɛ́dúŋ/ŋú/mbikgɔ́/bɔ́mbɔ́ŋḱúɔ/pɔ/lɔh zɔ́n/d́ɛ́/dú/sɛ́dúŋ/ ɛ wa/kɛ/zúik/mɛtap » (ne plante jamais les épines sur le chemin qui mène chez ton voisin, tes enfants pourront un jour emprunter cette route les pieds nus).

Le proverbe africain est anecdotique, c’est-à-dire qu’il rappelle un conte ou une histoire qui, le plus souvent, est la source de sa création. Cauvin (1981 :14) a souligné la dimension imagée des proverbes africains par opposition au caractère non imagé des proverbes européens en affirmant : « les proverbes de ce type (proverbe africain), sans image, sont extrêmement rares en Afrique, alors qu’en Europe, les maximes, adages, dictons sont assez bien représentés ». Il poursuit en disant : « les proverbes africains, dans leur immense majorité, sont bâtis sur le jeu des images. C’est ce jeu qu’il faut comprendre pour percevoir la signification des proverbes » Cauvin (1981 :14).

En outre, les proverbes africains ne sont pas utilisés comme des formules figées (non modifiables). En effet, l’émetteur des proverbes africains les insère dans son discours en employant divers types et formes de phrases :

• déclarative : mɔnti kɛjú rú má bɔ gú (un orphelin n’est jamais seul)

• interrogative (question rhétorique) : mɔnti kɛjú rú má bɔ gú ? (est-ce qu’il existe un orphelin seul au monde ?)

• exclamative : mɔnti kɛjú rú má bɔ gú ! (un orphelin n’est jamais seul!)

Le proverbe africain utilise la deuxième personne du singulier « tu » pour marquer le « on » européen ou « celui qui ». Ce « tu » à valeur allocutive désigne dans la conversation le personnage présent devant celui qui parle.

Bien plus, les proverbes sont les productions de la tradition orale transmises de bouche à oreille à travers des générations. Dans l’univers africain, l’art de la conversation jouit d’une grande considération. Achebe (1958 :5) disait « chez les Ibo, l’art de la parole est un grand signe de réputation et les proverbes sont l’huile de palme qui permet de manger les mots ». Cela dit, les proverbes sont de véritables ingrédients pour l’assaisonnement de la conversation en Afrique. Mwamba (1993 :12) pense d’ailleurs que si en Europe, les proverbes sont considérés comme un « langage littéraire figé» dans une sorte d’immobilisme, en Afrique, en revanche, l’usage des proverbes dans le discours est l’expression de la maturité et de la sagesse du sujet parlant. Le proverbe est l’apanage des personnes âgées, des esprits, des ancêtres et des divins et peut être employé en toute circonstance et en tout lieu par des vieux et même par des jeunes. En dépit de son caractère hermétique, le proverbe semble être l’âme de tout discours. C’est en cela que Calame-Grilaule (1973) cité par Kouadio (2006 : 55) affirme : « Le proverbe est aussi l’expression des règles qui rendent possible la vie en société, et dont la connaissance est transmise par l’enseignement oral ». Il serait même inconcevable d’entreprendre une communication verbale en Afrique sans proverbe.

Ainsi, La traduction des proverbes pose des problèmes stylistiques ou il faut concilier fond et forme. Ladmiral (1979 : 127) dira à cet effet que : « Il y a une coïncidence où se rencontrent sens et style, la forme et le fond, et c’est l’unité indissociable des deux qu’il faudra traduire ensemble ».

Toutefois, cet exercice ne se réduit pas simplement au transfert des éléments linguistiques d’une langue A vers une langue B, ou à une recherche d’équivalent, Ladmiral (1979) dira que : « La traduction ne met pas seulement en jeu le vocabulaire, mais aussi la syntaxe (…) la stylistique et la dimension proprement idiomatique des langues concernées ». La traduction proverbiale s’inscrit dans le cadre de la traduction littéraire et culturelle, et prend en compte d’autres éléments tels le contexte socioculturel, l’aspect linguistique et même philosophique. Étant donné que le proverbe est enraciné dans une culture, qu’il est lié à des coutumes et traduit le mode de vie et la vision du monde d’un peuple, sa traduction doit prendre en compte le contexte socioculturel dans lequel il est moulé. Ade-Ojo (1996 : 294) souligne d’ailleurs que la littérature d’un peuple est l’expression de sa vision du monde : « (…) It reflects the thinking pattern, the psyche and the mind of African people and their response to the realities of life. It therefore becomes the expression of the people’s thoughts and language as well as their extra-linguistic reality.” ((…) Elle reflète le mode de pensée, le psychisme et l’esprit du peuple africain et sa réponse aux réalités de la vie. Elle devient donc l’expression des pensées et du langage d’un peuple, ainsi que celle de sa réalité extralinguistique.) [Notre traduction]

Il devient quelque peu difficile pour le traducteur de saisir, d’interpréter le texte proverbial et de le réexprimer dans une autre langue. La tâche ardue revient donc à trouver les structures expressives qui renferment les mêmes richesses sémantiques et les mêmes valeurs que l’original.

II- Generalité sur le peuple Ngomba

Le ngomba est une langue bantoue des grassfields parlée dans six villages de l’arrondissement de Mbouda, département des Bamboutos, région de l’Ouest du Cameroun. La communauté ngomba est limitée au nord par le département de la Mezam, au sud par le département de la Menoua, à l’est par le département du Lebialem et à l’ouest par le département du Noun.

Pour ce qui est de la langue, SATRE (1998 : 6-11) dans son Exposé de l’alphabet et de l’orthographe du ngomba, démontre que la langue ngomba compte 23 consonnes et 7 voyelles :

B b, C c, D d, F f, G, g, H h, J j, K k, L l, M m, N n, ŋ ŋ, P p, Pf pf, S s, Sh sh, T t, Ts ts, V v, W w, Ẅ ẅ, Y, y, Z,z,

À a, Ɛ ɛ , I i, Ɔ ɔ U, u, Ü ü Ʉ ʉ

En ce qui est des rites et société secrète, l’on dira que les funérailles en pays Bamilékés en général et en pays Ndaa en particulier sont de deux types : les obsèques et les funérailles. En effet, les obsèques, communément appelées « deuil » consistent à rendre un dernier hommage social et culturel à un défunt et les funérailles, communément appelées « grand deuil » consistent, dit-on là-bas, à rendre un hommage souvenir à un défunt (adulte) pour la dernière fois.

Les cérémonies d’intronisation, très souvent dénommées sortie du Lah-a Nkam (cérémonie d’intronisation des chefs en pays Bamiléké) sont des occasions culturelles au cours desquelles d’autres chefs traditionnels des Bamboutos et d’ailleurs viennent honorer de leur présence et adouber leur homologue.

Dans son organisation socio-politique, la chefferie constitue l’organe exécutif du système politique Ngomba. Les différentes chefferies ont à leurs têtes un Fô (chef) qui est l’instance suprême. Il est très vénéré et honoré par son peuple. Le chef est assisté dans sa tâche par les notables qu’on appelle « kɛm » dont la qualité est la loyauté vis-à-vis du chef sa majesté. Les ngomba croient en un Être suprême qui est « sɛ́ », c’est-à-dire Dieu. Les ancêtres et les forces de la nature sont également invoqués lors des cultes traditionnels.

II-1 Présentation et analyse du corpus

Notre corpus est constitué de cinquante (50) proverbes recueillis à l’oral. Nous avons organisé les proverbes par thèmes, lesquels sont révélateurs des valeurs sociales et culturelles du peuple ngomba. Chaque transcription est suivie d’une traduction juxtalinéaire en français. Il s’agit de la traduction du proverbe dans l‘ordre d’apparition de ses éléments linguistiques.

 

II-2 Stratégies et procédés de la traduction proverbiale

Pour surmonter ces obstacles les traducteurs adoptent des procédés obliques inspirées de Viney et Darbelnet : l’équivalence (remplacer par un proverbe cible équivalent), l’adaptation, l’explication. En fait, l’emprunt ou le calque préserve l’altérité, tandis que la créativité littéraire réinvente pour un effet équivalent, comme dans la traduction des proverbes igbo. Ces méthodes équilibrent « rendre familier « et conserver l’étrangeté culturel :

L’équivalence

Étant donné que la traduction des proverbes pose des problèmes sémantiques tels que l’accessibilité ou non au sens du texte source, on préconise la recherche de l’équivalent afin que le texte traduit ait le même sens et le même effet sur le public cible. La recherche des équivalents préétablis français pouvant traduire les proverbes ngomba a constitué un problème, car ces derniers ne reflètent pas exactement les réalités socioculturelles véhiculées par les proverbes ngomba. Considérons les cas suivants :

Na’a/mɛkrú/mɛnɛ́kwa/mvɔ́/sɛ́

animal/pieds/quatre/tombe seulement/terre

Malgré que le chien ait quatre pattes il finit toujours se renverse

Nul n’est parfait

Dans ce cas, on constate que l’équivalent français ne restitue pas les réalités culturelles ngomba. Le natif ngomba pourra certes comprendre le message véhiculé par l’équivalent français, mais il ne pourra s’identifier parce que les référents utilisés en ngomba ne figurent pas dans l’équivalent français.

Muú ḿəlú ŋgá ŋgú, muú shii pɔ ŋgú

Enfant vin/ en grandissant/enfant eau/ va grandir

Pendant que l’enfant du riche grandit, celui du pauvre grandit également

Le soleil luit pour tout le monde

Nous constatons que cet équivalent français ne restitue pas entièrement les images et le champ sémantique véhiculés par le proverbe ngomba. Ce dernier met en exergue des images très expressives et propres aux réalités locales. On remarque ainsi que le proverbe ngomba se fixe sur des réalités et des images locales qui dépeignent une vie diamétralement opposée au sein de la communauté ngomba ; d’un côté on a les riches, d’un autre les pauvres. Un détail que ne laisse pourtant pas transparaitre l’équivalent français.

tiɔ́/fô/lɔɔ/zɛm/pɔ́/nɛ́ji/

Calebasse/ chef/ne /grandit/ que/les herbes.

La calebasse du chef ne pousse que dans les herbes

Pour mieux vivre il faut vire cacher

En effet, la traduction par équivalence voudrait qu’on moule ce proverbe dans la langue française en disant « pour mieux vivre, il faut vivre cacher », qui signifie que pour connaitre une vie heureuse et paisible, il faut s’éloigner des attaches sociales. Nous constatons que l’oralité ainsi que la valeur propre de proverbe ngomba ont été occultées au nom de la compréhension du lecteur cible. Or, le public cible, majoritairement africain, comprendrait aussi bien ce proverbe traduit littéralement.

mɛnaá/t́ɛm/krú/ńɛn/laa/bɔɔ gúɛ/tá/d́ɛn/pɔ́

animaux/mélangent/pieds/marchent/,mais/n’ont/un/prix pas

Les bœufs divaguent ensemble, mais ils n’ont pas le même prix

Les cinq doigts de la main ne sont pas les mêmes

Les proverbes ngomba et les équivalents français proposés expriment la même situation, bien qu’il différent lexicalement et syntaxiquement et aussi par l’emploi des référents. Cependant, le texte ngomba caractérisé par son oralité est plus évocateur grâce à l’emploi des termes concrets, ce qui n’est malheureusement pas perceptible dans l’équivalent français. Entre les proverbes ngomba ci-dessus et les équivalents français proposés, le message est quelquefois similaire, mais le contexte d’énonciation diffère toujours. Il y a ainsi perte de l’imagerie traditionnelle, perte d’information sur la vie sociale de la communauté ngomba , l’abstraction des référents et des images locales .

Cependant, on note également des cas où l’équivalent couvre tous les aspects thématiques du texte source. C’est le cas des proverbes suivants :

– pɛ́/shúɛtɛ́/ mɛrwɛ́t /dú/nɔ́/dɔk/kaŋ/ɛ́

on/retire/huile/sur/serpent/pour/frire/lui

C’est avec l’huile extraite du serpent qu’on a frit le serpent

C’est la graisse du cochon qui cuit le cochon

– ndáa-ndaa/lɔɔ/tɛ́m/ŋu/sɛ/pɔ

Doucement doucement/ne/lance/personne/sol/pas

Celui qui va doucement ne se heurte pas.

Qui va lentement va sûrement

-La traduction littérale

Chaque fois que les unités de la LS sont de même nature que celles de la LC, on a affaire à une traduction littérale ou directe. Cependant, la correspondance n’est pas toujours linéaire, car chaque langue a son génie. Ainsi, cette technique a été utilisée lors de la traduction des proverbes suivants :

ɛtɔkú/lɔɔ/ńdɔɔ/laa/ŋgá/yɛ/múu/mɛ́

1 2 3 4 5 6 7 8

Feuille de taro/d’abord/demande/avant/donner/pour/ enfant/sa mère

1 2 3 4 5 6 7 8

La feuille de taro reçoit d’abord avant de donner pour sa sœur

1 2 3 4 5 6 7+8

ɔ́/laa mɔ nɛ́n/mbɛ́n/, ńdɛ̀/nɛtsɛn/tá/tʉ/kɛ́pá/bɔɔ/ɔ́/pɛ́

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11

Tu/en marchant/forêt/passe/fond/un/arbre/deux fois/c’est/tu/perdu

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11

Si en marchant dans la forêt tu passes au pied d’un même arbre deux fois, sache

1 2 3 4 5+6+7 8 9+

que tu es égaré

10+11

Nɔ́/lɔɔ/mbuŋ/kèmnkú/mɔmvú/pɛ́/zi/pɔ́

1 2 3 4 5 6 7 8

Quelque chose/quand/plait/demi-queue /chien/on/sait/ pas

1 2 3 4 5 6 7 8

Quand une nouvelle plait à un chien à demi-queue on ne sait pas.

1 2 3 4 5 6 7 8

-Le calque

Cette technique nous permet de reproduire dans LA le syntagme de la langue source tout en traduisant littéralement les éléments qui la composent. Il existe des calques d’expression (qui respectent la structure syntaxique de LA) et les calques de structure (qui introduisent une structure nouvelle en LA). Considérons les cas suivants :

-Ntsɔ/lɔɔ/ńtɔ́/laa/ŋgá/shu/lɔ́/diɔ̀

guerre/quand/vient/avant/donner/moyens/pour/battre

C’est quand la guerre déclenche qu’on trouve les moyens de combattre

laa/ŋgá/shu/lɔ́/diɔ̀ est rendu par « on trouve les moyens de combattre » pour mettre en évidence les voies et moyens qui se pointent à nous à tout hasard lorsqu’on fait face à une situation imprévue.

-Muú ḿəlú/ŋgá ŋgú/, muú shii/pɔ ŋgú

Enfant vin/ en grandissant/enfant eau/ va grandir

Pendant que l’enfant du riche grandit, celui du pauvre grandit également

La structure de ce proverbe a été calquée sur le modèle du TS. Ce calque dénote de manière explicite l’opposition entre richesse et pauvreté, couramment observée au sein de la communauté ngomba.

pɛ́/lɔɔ/tɔ́/tchiɔ/dɔk/pɔ́/ŋiɛt/pɔ́

on/quand/porte/chapeau/avec/main/montre/pas

Quand on porte le chapeau, on ne le montre pas avec du doigt

dɔk/pɔ́/ŋiɛt/pɔ́ est rendu par le calque « on ne le montre pas avec du doigt » pour l’accent sur l’humilité, valeur véhiculée par ce proverbe.

Ce proverbe a été calqué en introduisant une nouvelle structure (structure binaire) dans la langue cible. Il traduit à travers l’image de l’eau, la paix ou la solution à tout problème.

-L’emprunt

Par ce procédé, le traducteur introduit dans la langue cible une lexie étrangère, faute d’équivalent dénotatif ou connotatif de ladite lexie dans la langue d’arrivée. Ce procédé permet d’enrichir la langue d’arrivée par l’apport de nouveaux mots qui relèvent de la culture de départ. Nous avons recouru à l’emprunt dans les cas suivants :

makú/ká/tsaŋɛ zan tɛ́ /pɛ́/cù/fúŋ/ɛ́/pɔɔ ngɔ́ /ŋúwa

Makú/avait/trainé/trop/on/maintenant/appelé/lui/que/celui-là

Makú à force de trop trainer sur l’esplanade est devenu une vulgaire personne

Makú est initié qui danse sur la place publique des cérémonies funèbres (deuil, funérailles). En français, on pourrait le traduire par masque, initié, et bien d’autres.

Mɔ́ ŋámɛsɔŋ/ká/fú/pɛ/kwaŋ/gɔ á/gɛ/yúmɛ́/á/lɔɔ zúk tswɛ/gɛ lá

Celui dents ouvertes/quand/mourait/on/pensait/qu’il/ faisait/ce qu’/il/passe le temps à/faire là.

Quand ŋámɛsɔŋ mourait, on croyait qu’il fait toujours ce qu’il a coutume de faire.

Chez les ngomba, ŋámɛsɔŋ est une personne dotée de toutes ses facultés mentales, mais dont la bouche est toujours ouverte. Cette personne a ceci de particulier qu’elle est toujours en train de plaisanter au point où on ne peut distinguer chez elle le sérieux de la plaisanterie.

-Transposition

C’est un procédé qui consiste à changer la catégorie grammaticale d’un mot d’une langue à l’autre sans modifier le sens du message. Nous avons enregistré les cas suivants :

Verbe/nom

– kɛ́ zú /cú/ká/gɔ/pɛ́/zɔ́/fô/láa/wɔ́p

Ne comprend pas/dire/avait/dit/on/insulte/chef/village/lui Celui qui ne comprend pas la langue se dit qu’on insulte le chef de son village.

En ngomba « cú » est un verbe dont l’équivalent français est « dire ». Par souci du respect du génie de la LD, ce verbe a été rendu par « langue » qui est un nom.

-mbúŋ/ka lɛ́/nɛgwaŋ/mbap/cú/ŋgɔ/ɛ/sɛ ńdɛm

Pauvre/était passé/ à côté/viande/dit/que/ça/sent

Un pauvre de passage près de la boucherie a déclaré qu’elle empeste

Pronom relatif/nom

-nshí/ntaa/nzʉu/laa pɛ́/njʉɔ/yúumɛ/ɛ́ mbɔ nkwɛt/mɛchú

eau/quand/sèchera/qu’on/voit/ce qui/mangeait/les poissons

C’est quand l’eau tarira qu’on verra l’animal qui mangeait les poissons dans l’eau

Adjectif /nom

-tɔɔpɔ/láa/gú/tsɔh/fɛ́/, bɔ/múk/yɔ/ tónɛ

Doigt/si/va/bouche/vide /c’est/feu/qui/brûlé lui.

Si le doigt va dans la bouche sans nourriture, c’est que c’est le feu qui l’a brûlé.

La traduction de ces proverbes par transposition se justifie par le souci de respecter le génie de la langue française.

-L’explicitation

La compréhension de certaines expressions nécessite très souvent le recours à l’explication. Ainsi le traducteur dans le souci de transmettre tout le messagdu TS doit se référer au contexte et à la situation d’énonciation pour expliciter un mot, un syntagme ou une phrase. Il nous a paru important de faire ressortir les sens voilés des énoncés pour de besoins de compréhension du message.

-Naá/ntswɛh/mbɛn/nda nɛ/liɔ̀/krǔɛ́

animal/dure/brousse/parce que/cache/pied lui.

La panthère vit longtemps dans la brousse parce qu’elle efface ses traces

La locution verbale « vit longtemps » vient expliciter le message contenu dans « ntswɛh » qui veut dire « durer ». De même, l’expression « liɔ̀ krǔɛ́ » signifie selon la traduction juxtalinéaire « cacher son pied ou sa patte (vu qu’il s’agit d’un animal) ». Cette expression a tété explicitée en français par « effacer ses traces ».

-ɛ/çù nɛ́/si/ɛ/rɛp

Ça/ au lieu/ brûle/ ça/ cuit mal

Mieux vaut une nourriture mal cuite que celle qui a brûlé.

Ce proverbe contient une idée implicite dans la LD. Si on s’en tient juste à la traduction juxtalinéaire, le locuteur ngomba non averti ne comprendrait pas le message caché derrière cette expression. Raison pour laquelle dans une traduction plus aboutie, nous avons rendu ce proverbe par « Mieux vaut une nourriture mal cuite que celle qui a brûlé » qui rend mieux la situation d’énonciation.

-ngaŋ/gó/ká/nzi/ngɔ́/tam/sɛ́/dɛ́/pɔ́

personne/malade/ne/sait/que//temps/passe/pas

Un grabataire ne sait pas que le temps passe

L’implicite dans cette expression « Ngaŋ gó » qui signifie « personne malade » réside dans le fait qu’une personne malade peut, de temps à autre se lever, question se dégourdir les jambes ou prendre un peu d’air. Nous avons explicité cette expression par « grabataire » parce que son état ne lui permet pas de faire autre que rester aliter dans son lit.

Nous avons pu, grâce à ce procédé, apporter de la lumière à certains proverbes dont le sens restait voilé. Le lecteur pourrait donc lire et comprendre sans encombre le message contenu dans ces proverbes.

-La modulation

C’est un procédé impliquant un changement de point de vue. C’est une solution souvent très envisagée pour éviter l’emploi d’un mot ou d’une expression qui passe mal dans la langue d’arrivée. La modulation permet aussi de tenir compte des différences d’expression entre deux langues : passage de l’abstrait au concret, de la partie au tout, de l’affirmation à la négation. Nous avons enregistré les cas suivants :

-Le renversement de point de vue.

-mɔnti/kɛ/yúu/rú/pɔ́

Orphelin/sans/rien/existe pas

Un orphelin n’est jamais seul

-Yúumɛ́/ndùm/naŋsɛ́/bɔ njʉɔ/nga sɛsá/, muú/ká/tu’/jʉɔ/pɔ́

chose/adulte/assoit/voit/loin/enfant/ne/place débout/voit/pas.

L’enfant debout ne voit pas plus loin qu’un vieux assis

Le changement de point de vue dans ce cas se matérialise par la négation. Il y a eu un renversement de pôle vieux-enfant enfant-vieux. On aurait pu dire « un vieux assis voit plus loin qu’un enfant debout ».

-Une partie pour une autre

-Na’a/mɛkrú/mɛnɛ́kwa/mvɔ́/sɛ́

Animal/pieds/quatre/tombe seulement/terre

Malgré que le chien ait quatre pattes il finit toujours se renverse

mɛkrú signifie «pieds », mais est rendu par pattes, car il s’agit d’un animal et non pas d’un être humain.

-Pɔ́/tú/ga búɔnɛ/bɔ/mɔ́shúŋ/tát/mɔ

main/arbre/avant casser/c’est/oiseau/s’envole/déjà

Avant que la branche d’arbre ne se casse, l’oiseau qui s’y perchait s’était déjà envolé.

Tout comme le proverbe précédent, un arbre ne peut qu’avoir des branches, pas des mains.

III- Interprétation des résultats

L’analyse des données ci-dessus révèle que la traduction par équivalence, la foreignisation et la domestication ont été mises à contribution pour traduire les réalités ngomba vers le français. Après présentation des proverbes traduits par équivalence, les résultats ont démontré que les équivalents préexistants français ne révèlent pas avec exactitude l’identité culturelle ngomba. Par souci de préservation et de valorisation du substrat culturel, étant d’ailleurs l’objectif de cette étude, il résulte de cette analyse que la foreignisation, avec pour micro-stratégies la traduction littérale, le calque, l’emprunt, permet de préserver la spécificité du texte ngomba, car les référents symboliques sont systématiquement rendus, ce qui permet de déceler les réalités auxquelles est lié le peuple ngomba. De ce fait, on peut donc dire que la traduction littérale garantit l’exactitude à travers la restitution de la couleur locale. Cependant, puisqu’il s’agit de deux langues diamétralement opposées (langue africaine et langue européenne), aux structures très différentes, « une traduction exclusivement littérale peut quelquefois entrainer des contresens, sans compter les déformations qu’elle fait subir à la langue d’arrivée » (Bikok, 1999 : 124). Nous avons jugé donc logique de recourir à la traduction oblique afin de permettre au lecteur de mieux comprendre le message du TS. Il ressort de notre analyse que la traduction oblique garantit la restitution du message du TD dans le strict respect du génie de la langue d’arrivée. En d’autres termes, elle évite d’éventuels contresens et les déformations que pourrait subir la langue cible. Ainsi, le texte ngomba se trouve quelque peu aménagé à travers différents procédés (transposition, modulation, explicitation, etc.) et le lecteur pourrait de ce fait mieux saisir le message et sentir les réalités étrangères.

Conclusion

Notre travail intitulé « Gestion de la culture dans la traduction des proverbes ngomba vers le français » est motivé par l’intérêt de promouvoir et valoriser les langues nationales camerounaises. Il s’est de ce fait posé le problème de la visibilité de la culture ngomba au contact des langues étrangères, notamment le français qui est notre langue cible dans cette étude Notre recherche nous a amenés à nous interroger sur la pertinence des équivalents français préétablis dans la traduction des proverbes ngomba et sur les stratégies et les procédés de traduction susceptibles de faire transparaitre le substrat culturel contenu dans ces proverbes. Nous avons supposé que les équivalents français préétablis ne reflètent pas exactement les réalités ngomba et qu’un procédé de traduction plus directe permettrait de rendre fidèlement les référents culturels contenus dans les proverbes ngomba. Nos différentes analyses ont démontré que les équivalents français ne traduisent pas exactement les réalités socioculturelles ngomba et la traduction littérale est l’approche privilégiée pour rendre fidèlement le fond culturel ngomba.

Nos différentes analyses ont démontré que les équivalents français ne traduisent pas exactement les réalités socioculturelles ngomba et la traduction littérale est l’approche privilégiée pour rendre fidèlement le fond culturel ngomba.

ANNEXE

Corpus

numéro Langue source (ngomba) Langue cible (français) équivalent
    Traduction juxtalinéaire Traduction sémantique  
01 á/tá/tʉ/a/ḿvǔ/ŋká/ŋgáŋ-nzáa c’est/un/arbre/qui/ tombé/champ/personne hache c’est un arbre qui est tombé dans le champ de celui qui possède la hache l’opportunité ne se présente qu’à ceux qui peuvent la saisir
02 Naá/ntswɛh/mbɛn/nda/nɛ/liɔ̀/krǔɛ́ animal/dure/brousse/parce que/cache/pied lui la panthère vit longtemps dans la brousse parce qu’elle efface ses traces pour mieux vivre, il faut vivre caché
03 Ńɛtɔkú/lɔɔ/ńdɔɔ/laa/ŋgá/yɛ/múu mɛ́ Feuille de taro/d’abord/demande/avant/donner/pour/ enfant sa mère la feuille de taro reçoit avant de donner pour sa sœur/quand la feuille de taro reçoit quelque chose, elle le partage avec sa sœur quand il y en a pour un, il y en a pour tous
04 Ntsɔ/lɔɔ/ńtɔ́/laa/ŋgá/shu/lɔ́/diɔ̀ guerre/quand/vient/avant/donner/moyens/pour/battre c’est quand la guerre déclenche qu’on trouve les moyens de combattre là où il y a problème, il y a solution
05 nshí/ntaa/nzʉu/laa pɛ́/njʉɔ/yúumɛ/ɛ́ mbɔ nkwɛt/mɛchú eau/quand/sèchera/qu’on/voit/ce qui/mangeait/les poissons c’est quand l’eau tarira qu’on verra l’animal qui mangeait les poissons dans l’eau quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finira par se lever
06 Na’a/mɛkrú/mɛnɛ́kwa/mvɔ́/sɛ́ animal/pieds/quatre/tombe seulement/terre malgré que le chien ait quatre pattes il finit toujours se renverse nul n’est parfait
07 Ńɛ gwat/ka’a/nɛ/pi᷆ɛ́p signer/ ka’a / c’est/attendre quiconque signe le ka’a doit respecter ses engagements comme on fait son lit on se couche
08 Pɔ́/tú/ga búɔnɛ/bɔ/mɔ́shúŋ/tát/mɔ main/arbre/avant casser/c’est/oiseau/s’envole/déjà avant que la branche d’arbre ne se casse, l’oiseau qui s’y perchait s’était déjà envolé  
09 ɔ́/laa mɔ nɛ́n/mbɛ́n/, ńdɛ̀/nɛtsɛn/tá/tʉ/kɛ́pá/bɔɔ/ɔ́/pɛ́ tu/en marchant/forêt/passe/fond/un/arbre/deux fois/c’est/tu/perdu si en marchant dans la forêt tu passes au pied d’un même arbre deux fois, sache que tu es égaré  
10 Muú ḿəlú ŋgá ŋgú, muú shii pɔ ŋgú enfant vin/ en grandissant/enfant eau/ va grandir pendant que l’enfant du riche grandit, celui du pauvre grandit également le soleil luit pour tout le monde
11 ŋgwak láak tsɔŋ simplifie/minimum/voleur celui qui simplifie le peu est un voleur qui vole un œuf vole un bœuf
12 mbúŋ/kalɛ́/nɛgwaŋ/mbap/cú/ŋgɔ/ɛ/sɛ ńdɛm pauvre/était passé/ à côté/viande/dit/que/ça/sent un pauvre de passage près de la boucherie a déclaré qu’elle empeste Celui qui ne sait pas se taire sait rarement bien parler
13 Nɔ́/lɔɔ/mbuŋ/kèmnkú/mɔmvú/pɛ́/zi/pɔ́ quelque chose/quand/plait/demi-queue /chien/on/sait/ pas quand une nouvelle plait à un chien à demi-queue on ne sait pas.  
14 Tá/pɔ́/lɔɔ/nkút/népú/pɔ une/main ne/attache/paquet/pas une main n’attache pas un paquet l’union fait la force
15 Ta/ntsɔ/, nbigk /ndoo,/ nbigk /ngaa une/bouche/éteint/malédiction/éteint/maraboutage une seule voix éloigne la malédiction et le maraboutisme l’union fait la force

References

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Cite this Article:

Obono, EA; Nde, TAE; Nol, A (2026). Traduction et gestion de la culture dans la littérature orale des Grassfields : Une lecture des proverbes Ngomba dans leur version traduite. Greener Journal of Art and Humanities, 11(1): 1-9, https://doi.org/10.15580/gjah.2026.1.122625207.

 

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