By Konan, S; Minga, KA; Kouamenan, S; N’Guessan, K; Kabore, S; Konate, S; Tiembre, I; Sekongo, YM (2022). Greener Journal of Epidemiology and Public Health, 10(1): 16-24
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ISSN: 2354-2381
Vol. 10(1), pp. 16-24, 2022
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Title in English
Title in French
PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE DU DONNEUR REGULIER VIH POSITIF AU CNTS D’ABIDJAN DE JANVIER 2018 A DECEMBRE 2020 (COTE D’IVOIRE)
Adresse email: Konan Sidoine¹, konasidoi@ yahoo. fr,(+225) 0749033471 ; Minga Kla Albert¹, minga.kalbert@ gmail. com ,(+225) 0707087661, Kouamenan Goore Sidonie¹,schekina_esther@ yahoo. fr, (+225) 0747970819 : N’guessan Konan², nguesskonan@ yahoo. fr,(+225)0707888297,KaboreSaydou, Saydoukabore@ yahoo. fr, (+225) 0748969362; Konate Seidou¹, plasmaci@ yahoo. fr, (+225)07079111; Tiembre Issaka², itiembre@ yahoo. fr(+225) 0707974572 ; Sekongo Yassongui Mamadou¹, sekyass@ yahoo. fr.
Type: Research
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Context : The objective of this study is to describe the epidemiological profile of HIV-positive regular donors from January 2018 to December 2020 in greater Abidjan, in order to contribute to transfusion safety in Côte d’Ivoire.
Methods : This is a three-year retrospective study from January 2018 to December 2020. The study focused on donors, volunteers, volunteers. During this period, in Greater Abidjan, there were a total of 383,465 regular donors, including 113 cases of HIV/AIDS seroconversion. Cases of seroconversion were investigated; This took place from February to August 2022. We had 111 respondents and 2 cases of refusal to participate in the survey. The data was extracted from the CNTS medico technique software and the calculations were made by Excel 2013.
Results: During this three-year assessment, the prevalence of HIV among regular donors in greater Abidjan was 0.03%. The age group of 31 to 44 years predominated in our study with 52.3% of cases. The median age was 44; the male gender accounted for 85.6% of cases; the higher level of education (Bachelor and above) predominated with 41.4% of cases. HIV positive regular donors with intermediate professions predominated with 29.7% of cases. Those whose income was less than 200,000 FCFA predominated, followed by those whose income was less than 75,000 FCFA. They were in a free union in 40.5% of cases and in 72% of cases they had multiple sexual partners. In 94.1% of cases, they had HIV 1.
Conclusion : Further studies should be conducted to measure the impact of awareness campaigns conducted by the CNTS, focused on the prevention of HIV AIDS, among blood donors in general and regular blood donors in particular.
RESUME (FRENCH)
Contexte : L’objectif de cette étude est de décrire le profil épidémiologique du donneur régulier VIH positif de Janvier 2018 à Décembre 2020 dans le grand Abidjan, afin de contribuer à la sécurité transfusionnelle en Côte D’Ivoire.
Méthodes : Il s’agit d’une étude retro prospective trisannuelle allant de janvier 2018 à Décembre 2020. L’étude a portée sur des donneurs, bénévoles, volontaires. Durant cette période, dans le grand Abidjan, il y’ avait au total 383465 donneurs réguliers dont 113 cas de séroconversion au VIH/Sida. Les cas de séroconversion ont fait l’objet d’une enquête ; Celle-ci s’est déroulée de février à Aout 2022. Nous avons eu 111 répondants et 2 cas de refus de participer à l’enquête. Les données ont été extraites du logiciel medico technique du CNTS et les calculs ont été effectués par Excell 2013.
Résultats : Durant ce bilan trisannuel, la prévalence du VIH chez les donneurs réguliers du grand Abidjan était de 0,03%. La tranche d’âge de 31à 44 ans prédominait dans notre étude avec 52,3% des cas. L’âge médian était de 44 ans ; le sexe masculin représentait 85,6% des cas ; le niveau d’instruction supérieur (Baccalauréat et plus) prédominait avec 41,4% des cas. Les donneurs réguliers VIH positif ayant des professions intermédiaires prédominaient avec 29,7% des cas. Ceux dont le revenu était inférieur à 200000 FCFA prédominaient suivi de ceux dont le revenu était inférieur à 75000 FCFA. Ils étaient en union libre dans 40,5% des cas et dans 72% des cas, ils avaient des partenaires sexuels multiples. Dans 94,1% des cas, ils avaient le VIH 1.
Conclusion : Des études ultérieures devront être menées, afin de mesurer l’impact des campagnes de sensibilisation menées par le CNTS, axées sur la prévention du VIH sida, dans la frange des donneurs de sang en général et des donneurs de sang réguliers en particulier.
Published: 16/12/2022
Konan Sidoine
E-mail: konasidoi@yahoo.fr
Phone: (+225) 0749033471
Mots clés : Profil épidémiologique, Donneurs de sang réguliers, Côte d’Ivoire.
ABREVIATIONS
INTRODUCTION
L’infection due au virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) constitue dans le monde un problème de santé publique [1]. Les modes de transmission du Virus de l’immunodéficience humaine (VIH) sont la voie sexuelle, la voie sanguine et la transmission verticale, de la mère à l’enfant [2]. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 33,4 millions de personnes sont infectées par le VIH [3]. En Afrique subsaharienne, les femmes et les filles représentaient 63% de toutes les nouvelles infections au VIH en 2020[4]. Cette infection est également retrouvée chez les donneurs de sang en Côte d’Ivoire.
En effet, du fait des maladies transmissibles par le sang, toutes les poches collectées par le Centre National de Transfusion Sanguine / de Côte d’Ivoire (CNTS), font l’objet d’analyses biologiques à savoir le test de dépistage du VIH, la recherche d’AgHBs, d’Anticorps anti HCV, de la syphilis et la vérification du groupe sanguin, conformément aux normes de l’OMS [5]. Au plan National, en 2018, le nombre de poches de sang collectées était de 158539 dont 1210 rejetées pour VIH positif ; en 2019, le nombre de poches de sang collectées était de 159551 dont 1743 rejetées pour VIH et en 2020, le nombre de poches de sang collectées était de 151773 dont 1097 rejetées pour VIH [6,7,8]. Ce qui équivaut à un total de 469863 dons sur trois ans.
Pour l’atteinte de l’autosuffisance en produits sanguins en Côte d’Ivoire, le CNTS devrait prélever environ 290 000 poches de sang par an ; ce qui équivaut à 1% de la population ivoirienne, estimée à 29 389 150 habitants en 2021 [9].
Aussi la politique du CNTS pour avoir du sang de bonne qualité se base sur la sensibilisation des donneurs de sang réguliers dans le but de les fidéliser. Or des études antérieures réalisées au CNTS d’Abidjan, Côte d’Ivoire dont celle de Minga [10] en 2002, notait qu’il y’a environ trente nouveaux cas de séroconversion par an chez les donneurs de sang réguliers.
Ainsi la séroconversion au VIH des donneurs réguliers constitue un facteur d’aggravation du problème de l’autosuffisance en produits sanguins.
L’objectif de cette étude est de décrire le profil épidémiologique du donneur régulier VIH positif de Janvier 2018 à Décembre 2020 dans le grand Abidjan, afin de contribuer à la sécurité transfusionnelle en Côte D’Ivoire.
MATERIELS ET METHODES
Il s’agit d’une étude rétro prospective qui a concerné les donneurs de sang bénévoles et volontaires au niveau du CNTS d’Abidjan Treichville. Les critères d’inclusion de ces donneurs étaient les suivants : être volontaire, être en bonne santé apparente, être âgé de 18 à 65 ans et peser au moins 50 kg.
Apres le don de sang, des analyses biologiques ont été réalisées sur des échantillons acheminées au laboratoire du CNTS. Ces analyses ont concernées le test de dépistage du VIH par la technique Elisa avec le réactif diapro; la sérologie HCV par la technique Elisa avec le réactif diapro et Anticorps HCV (Biorad) ; la sérologie HBS par la technique Elisa avec le réactif diapro ; la sérologie syphilitique avec le VDRL-charbon et le groupe sanguin ABO Rhésus. Un premier résultat positif du test VIH, était considéré comme définitif. Toutes ces analyses ont été effectuées sur 469863 dons de sang. Les dons analysés étaient issus des collectes fixes et mobiles.
Pour le volet rétrospectif, à partir des données extraites du logiciel médico-technique du CNTS, concernant la période de Janvier 2018 à Décembre 2020, nous avons déterminé le nombre total de donneurs réguliers ayant effectué des dons dans le grand Abidjan puis le nombre de donneurs réguliers dépistés VIH positif durant la période définie dans la même zone. Etait considéré comme donneur régulier tout donneur de sang ayant effectué au moins deux dons de sang. En Côte d’Ivoire, le grand Abidjan, comprend des communes et sous-préfectures de Grand-Bassam, de Bonoua, d’Anyama, d’Azaguié, d’Alépé, de Brofodoumé, de Bingerville, de Songon, de Dabou, d’Oghlwapo et de Jacqueville. Dans notre étude, le grand Abidjan est assimilé à la ville d’Abidjan (dix communes d’Abidjan) et aux villes proches de celle-ci ou le CNTS compte des sites et des Antennes de Transfusion Sanguine (ATS). Ce sont le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) d’Abidjan Treichville avec ses sites de prélèvement associé et les Antennes de Transfusion de Dabou, Bonoua. Il y’ avait au total 383465 donneurs réguliers dans le grand Abidjan dont 113 cas de séroconversion au VIH/Sida. Par la suite nous avons entrepris d’interviewer les donneurs réguliers seroconvertis au VIH soit de façon physique ou par téléphone à l’aide d’un questionnaire, afin d’avoir des informations supplémentaires pour établir leur profil épidémiologique ; nous avons eu 111 répondants et 2 cas de refus de participer à l’enquête. Le volet prospectif de notre étude, s’est déroulé de février 2022 à Août 2022, soit sur une durée de 7 mois. Le questionnaire a été administré au Centre médical de suivi des donneurs de sang (CMSDS) sis au CNTS Abidjan Treichville. Les informations recherchées en plus de celles déjà existantes dans le logiciel médico technique du CNTS, étaient entre autres, la situation matrimoniale, le niveau d’instruction, la profession et le revenu mensuel. Dans notre étude le niveau d’instruction supérieur correspondait au niveau à partir du baccalauréat plus études supérieures. Les professions intermédiaires correspondaient aux fonctions suivantes : agent de police, aide-soignante, infirmiers, assistante de direction, enseignants…)
Avant d’administrer le questionnaire nous avons d’abord recueilli le consentement éclairé (écrit ou verbal) de tous les donneurs de sang réguliers ayant participé à l’enquête.
Les données ont été saisies et analysées sur Excell 2013. Les effectifs de donneurs réguliers seroconvertis au VIH ont été rapportés à l’effectif total des donneurs réguliers seroconvertis au VIH et non à l’effectif global des donneurs réguliers sur la période d’étude.
RESULTATS
Figure 1 : Répartition de l’ensemble des donneurs réguliers du grand Abidjan durant les trois années (2018, 2019, 2020) en fonction du genre et de la tranche d’âge
La tranche d’âge de 26 à 35 ans prédominait parmi l’ensemble des donneurs réguliers du grand Abidjan avec 34,21% chez les hommes et celle de 36- 45 ans prédominaient chez les femmes avec 34,66%.
Figure 2 : Répartition des donneurs Réguliers VIH positif en fonction de la tranche d’âge
La tranche d’âge de 31à 44 ans prédominait dans notre étude avec 52,3% des cas, suivie de celle de 45 ans à 65 ans. L’âge médian était de 44 ans.
Tableau I : Répartition des donneurs réguliers VIH positif en fonction du sexe
Tableau II : Répartition des donneurs réguliers VIH positif en fonction du niveau d’instruction
Les donneurs réguliers VIH positif avaient dans 41,4% des cas, un niveau d’instruction supérieur suivi de ceux du niveau secondaire avec 40,5% des cas.
Les donneurs réguliers ayant des professions intermédiaires prédominaient avec 29,7% des cas suivi de celle des employés avec 26,1% des cas.
Figure 3 : Répartition des donneurs réguliers VIH positif en fonction du site de collecte dans le grand Abidjan
Les donneurs réguliers VIH positif de la région du grand Abidjan, résidant dans la ville d’Abidjan prédominaient dans notre étude avec 85,6% des cas.
Les donneurs réguliers VIH positif dont le revenu était inférieur à 200 000 FCFA prédominaient avec 46,8%.
Les donneurs réguliers VIH positif en union libre, prédominaient dans notre étude avec 40,5% des cas suivi des mariés avec 27% des cas.
Tableau VI : Répartition des donneurs réguliers VIH positif en fonction du nombre de partenaires
72% des donneurs réguliers seroconvertis au VIH avaient des partenaires sexuels multiples
2-Données biologiques
Tableau VII : Répartition des donneurs réguliers VIH positif en fonction du type de VIH
Les donneurs réguliers dépistés positif au VIH 1 prédominaient dans l’étude avec 96,4% des cas.
DISCUSSION
Durant ce bilan trisannuel, nous avons eu 113 cas de séroconversion sur un total de 383465 donneurs réguliers dans le grand Abidjan, soit une prévalence du VIH de 0,03%. Cette prévalence était certes faible mais pas nulle. Chez l’ensemble des donneurs de sang réguliers du grand Abidjan, la tranche d’âge de 26 à 35 ans prédominait chez les hommes avec 34,21% et celle de 36- 45 ans, chez les femmes avec 34,66%. Cette tranche d’âge était superposable à celle rapportée lors des bilans d’activité [6,7,8] au CNTS d’Abidjan avec une prédominance de la tranche d’âge de 31 à 44 ans avec 35,49% en 2018, 40,34% en 2019 et 40,39% chez l’ensemble des donneurs de sang au plan National. Ce qui veut dire que la majorité de la population des donneurs de sang et celle des donneurs réguliers en particulier dans le grand Abidjan est jeune.
Concernant les donneurs réguliers seroconvertis au VIH, quoique toutes les tranches d’âge fussent concernées, la tranche d’âge prédominante dans notre étude était celle de 31à 44 ans avec 52,3% des cas, suivie de celle de 45 ans et plus. L’âge médian était de 44 ans. Cette valeur est superposable à celle retrouvée lors d’une enquête en Côte d’Ivoire sur l’évaluation de l’impact du VIH dans la population générale en 2018, qui rapportait une prévalence plus élevée pour le VIH chez les adultes de 15 à 64 ans [11]. Notre donnée est également superposable à celle de Koumpagnin [12] au Burkina Faso en 1997, qui relevait lors d’une étude, que pour les donneurs VIH positif, les tranches d’âge les plus représentées étaient celles de 25 à 34 ans et de 35 à 44 ans avec des prévalences respectives de 13,4% et de 15,7%.
Concernant le genre, les donneurs réguliers VIH positif de notre étude étaient majoritairement de sexe masculin avec 85,6% des cas. Notre donnée est superposable à celle retrouvée lors d’une étude par Minga et al. [10] chez les donneurs de sang en 2005, avec 63% des cas de séroconversion, au CNTS d’Abidjan. Notre donnée diffère également de celle retrouvée lors de l’enquête sur l’évaluation de l’impact du VIH dans la population générale en Côte d’Ivoire, en 2018 qui rapportait une prévalence du VIH plus élevée chez les femmes que chez les hommes [11]. IL faut aussi noter que les bilans d’activité du CNTS rapportait une prédominance masculine pour le don de sang au plan National avec respectivement 81,90% en 2018 ; 84% en 2019 et 84,4% en 2020 [6 ,7 ,8]. Notre résultat pourrait s’expliquer par le fait que la majorité des donneurs de sang du CNTS au plan National soient de sexe masculin.
Concernant le niveau d’instruction, les donneurs réguliers VIH positif de notre étude avaient dans 41,6% des cas, un niveau d’instruction supérieur (Baccalauréat et plus) suivi de ceux du niveau secondaire avec 40,5% des cas. Notre résultat est superposable à celui retrouvé lors d’une enquête réalisée par Lert et al. [13] dans la population vivant avec le VIH en 2011 en France [13] qui rapportait que 46,6% de la file active avait le baccalauréat ou un diplôme supérieur.
Une étude également réalisée en Côte d’Ivoire dans la population vivant en milieu rurale, par VROH et al.[14] en 2013, relevait également une séroprévalence élevée du VIH parmi les sujets de niveau universitaire. Notre donnée pourrait s’expliquer par le fait que certaines collectes de sang à Abidjan, soient effectuées dans des entreprises et que les candidats au don soient des responsables ayant une certaine stabilité financière, donc ayant les moyens de leur politique de séduction auprès des femmes. Les campagnes de sensibilisation contre le VIH sida effectuées en Côte d’Ivoire et même au CNTS, devront être plus orientées vers les personnes instruites.
Concernant la profession, les professions intermédiaires prédominaient avec 29,7% des cas suivi de celle des employés avec 26,1% des cas. Cette valeur diffère de celle de Koumpingnin [11] au Burkina Faso en 1997, qui retrouvait chez les donneurs de sang réguliers VIH positif une prédominance chez les ouvriers avec une proportion de 6% dans son étude. Elle diffère également de celle de Tounkara et al. [15] en 2002 au Mali, qui retrouvait une valeur prédominante pour le VIH chez les donneurs de sang, élèves et étudiants avec 37% des cas. Nos résultats pourraient s’expliquer par le fait que les collectes de sang, soient réalisées la plupart du temps dans des entreprises, dans des établissements sanitaires et scolaires en Côte d’Ivoire. Ces différentes couches de la population ivoirienne devront être davantage sensibilisées, quant aux moyens de prévention contre le VIH Sida, par le Ministère de la santé et de la lutte contre le Sida du gouvernement ivoirien.
Concernant la répartition des donneurs réguliers VIH positif de notre étude en fonction du site de collecte de sang, celui du Centre de transfusion Sanguine d’Abidjan Treichville, prédominait dans notre étude avec 85,6% des cas. Cela pourrait s’expliquer par le fait que le maximum de collecte de sang, dans le grand Abidjan, soit effectué par le CNTS d’Abidjan Treichville, qui abrite la direction générale. Concernant le revenu mensuel des donneurs réguliers VIH positif de notre étude, ceux dont le revenu mensuel était inférieur à 200000 FCFA prédominaient suivi de ceux dont le revenu était inférieur à 75000 FCFA. Il faut noter que dans notre étude, ceux dont le revenu était inférieur à 75000Fcfa étaient assimilés aux retraités, aux sans emploi et aux élèves et étudiants. Nos résultats diffèrent de ceux retrouvés dans d’autres travaux sur le VIH sida, dont celui de J. Fontaine [16] dans une étude sur l’impact de la situation socio-économique sur l’observance des personnes vivant avec le VIH en 2021. Il rapportait dans ses travaux que principalement 44% des personnes vivants avec le VIH (PVVIH) recevaient entre 500 et 1500 euros suivis de 17% des PV VIH qui percevaient plus 3000 euros par mois. Nous notons que la situation financière des donneurs de sang réguliers de notre étude est peu reluisante. Les conditions de vie précaires sont souvent indexées comme des facteurs de risques du VIH sida.
Concernant la situation matrimoniale, les donneurs réguliers VIH positif en union libre, prédominaient dans notre étude avec 40,5% des cas suivi des mariés dans 27% des cas. Notre résultat diffère de celui d’Achten et al. [17] qui relevait que les infections sexuellement transmissibles (IST) sont fréquentes chez les célibataires. Notre résultat pourrait s’expliquer par le fait les donneurs de sang réguliers de notre étude, vus qu’ils n’ont pas encore officialisé leur union, auraient tendance à avoir d’autres partenaires sexuelles, autre que leur partenaire habituel. Le CNTS devra sensibiliser davantage les donneurs réguliers sur les moyens de prévention du VIH sida.
Aussi dans 72% des cas, les donneurs réguliers seroconvertis au VIH de notre étude, avaient des partenaires sexuels multiples. Il faut noter que cette pratique est un facteur de risque du VIH sida surtout lorsque les rapports sexuels sont non protégés [19]. Encore une fois, le CNTS devra sensibiliser davantage les donneurs de sang en général et les donneurs de sang réguliers en particulier réguliers sur les moyens de prévention du VIH sida.
Les donneurs réguliers dépistés positif au VIH 1 prédominaient dans l’étude avec 96,4% des cas. Cette donnée a été également retrouvée par VROH et al. en 2013[14], lors d’une étude sur la Séroprévalence de l’infection à VIH en conseil et dépistage réalisée en Côte d’Ivoire. Cette étude relevait que parmi les personnes séropositives, 84,2 % étaient infectées par le VIH 1et 13,2 % par le VIH2.
CONCLUSION
Au terme de notre étude, nous pouvons retenir comme profil épidémiologique du donneur régulier seroconverti au VIH, qu’il s’agit d’un adulte jeune, de sexe masculin, âgé de 44 ans en moyenne, de niveau d’instruction supérieur, de profession intermédiaire, ayant été dépisté sur le site d’Abidjan Treichville, de revenu mensuel inférieur soit à 75000fcfa, soit à 200000fcfa, en union libre, ayant des partenaires sexuels multiples et ayant principalement le VIH1.
Le Ministère de la santé du gouvernement ivoirien, devra de plus en plus orienter les campagnes de sensibilisation contre le VIH Sida, vers les personnes de niveau d’instruction supérieure de la population ivoirienne. Des études ultérieures devront être menées, afin de mesurer l’impact des campagnes de sensibilisation menées par le CNTS, axées sur la prévention du VIH sida, dans la frange des donneurs de sang en général et des donneurs de sang réguliers en particulier.
INTERETS CONCURENTS
Pas de conflit d’intérêt.
CONTRIBUTION DES AUTEURS
Tous les auteurs cités ont contribué soit à la collecte des données, soit à la rédaction de l’article.
REMERCIEMENTS
Nos remerciements vont en l’endroit du Directeur du Centre National de Transfusion Sanguine d’Abidjan Côte d’Ivoire, Dr KONATE Seidou et à Dr Minga k. Albert, responsable du centre médical de suivi des donneurs de sang d’Abidjan.
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Cite this Article: Konan, S; Minga, KA; Kouamenan, S; N’Guessan, K; Kabore, S; Konate, S; Tiembre, I; Sekongo, YM (2022). Epidemiological Profile of the Regular HIV Positive Donor at the CNT in Abidjan from January 2018 to December 2020 (Cote d’Ivoire). Greener Journal of Epidemiology and Public Health, 10(1): 16-24.
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